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Les « vrais » bûcherons en voie de disparition?

Les bûcherons font partie de l’histoire du Québec. Tous ont en tête cette image forte d’un homme viril, triomphant, hache à la main!

Celui qui avale une douzaine d’œufs au petit déjeuner, a des bras gros comme des troncs d’arbre et travaille d’une noirceur à l’autre dans les rudes forêts. Ce bûcheron semble en voie de disparition. « Oui, on a un problème de relève, reconnaît Mario Lapolice, un entrepreneur forestier de Saint-Boniface, en Mauricie. Les jeunes préfèrent travailler avec des ordinateurs. Bûcheron, c’est un métier dur, dangereux et non conventionnel. J’aurais assez d’ouvrage pour d’autres hommes, mais les jeunes ne “tough” pas. Quand ils lâchent, c’est du temps perdu à les avoir formés », déplore-t-il.

Des bancs d’école presque vides

Le manque de relève chez les abatteurs manuels s’observe sur le terrain, mais aussi dans les écoles offrant ce type de formation. « Il y a 15 ans, nous avions 10 à 12 étudiants par année pour le cours d’abattage manuel. Aujourd’hui, nous comptons une moyenne de 2,5 étudiants », témoigne Gilles Renaud, directeur de l’École forestière de La Tuque. Ce dernier ne blâme pas les jeunes pour autant. « Ce n’est pas facile de choisir ce métier où les travailleurs œuvrent tantôt sous la pluie, tantôt avec de la neige jusqu’à la ceinture, dans les mouches, etc. Les jeunes préfèrent travailler avec un joystick, confortablement assis dans une cabine, avec leur musique. C’est d’ordre générationnel! » indique le directeur.

En disparition, mais pas en voie d’extinction

Les bûcherons à temps partiel ou les nombreux bûcherons du « samedi » continueront toujours d’exister en forêt privée. Mais les bûcherons à temps plein, qui abattent manuellement les arbres comme à l’ancienne, eux, se font de plus en plus rares. S’ils sont en voie de disparition, ils ne sont pas pour autant en danger d’extinction. Comme le prouve Martin Plante, 26 ans, un jeune abatteur qui travaille à temps plein en forêt privée. « J’ai toujours aimé ça. Je bûche présentement à forfait pour un entrepreneur, et en maintenant un bon rythme de production, je gagne très bien ma vie », affirme celui qui produit de 20 à 30 tonnes de bois par jour.