fbpx
Les conserves métalliques et les boîtes de carton servant à emballer les produits de l’érable connaissent des hausses de prix fulgurantes.

Les conserves métalliques et les boîtes de carton servant à emballer les produits de l’érable connaissent des hausses de prix fulgurantes.

La « canne » de sirop se fait rare et beaucoup plus chère

SAINT–HYACINTHE – L’acériculteur Christian Benoit est abasourdi par l’augmentation des prix des contenants de sirop pour sa prochaine saison des sucres.

« Je viens de payer 150 $ la caisse [de conserves métalliques de 540 ml] et mon fournisseur me dit que ça va monter à 185 $ en janvier. L’an passé, je payais environ 105 $. C’est toute une hausse. Même chose pour les boîtes de carton pour mes cornets qui ont déjà augmenté de près de 50 %. Je ne comprends pas pourquoi ça monte tant que ça », s’inquiète le propriétaire de la Cabane à sucre Chez Christian à Saint-Hyacinthe. Remplacer les conserves métalliques par des poches de 540 ml devient une option plus abordable, constate-t-il, mais il devrait changer tout son système automatisé qui fonctionne avec les fameuses cannes, signifie celui qui vend environ 7 000 contenants de sirop annuellement. Finalement, les hausses de prix et l’approvisionnement incertain de ses fournisseurs l’ont incité à acheter d’avance près de 15 000 $ en contenants de sirop, boîtes de carton, poudre à filtrer et autres. Un inventaire jamais vu chez lui.

Approvisionnement difficile

Vincent Pépin, copropriétaire de Dominion & Grimm, une compagnie qui se spécialise dans les équipements et les emballages acéricoles, confirme que le prix de la caisse de 200 conserves métalliques pour le sirop a augmenté considérablement et pourrait atteindre les 175 $ la caisse. « Juste l’acier a augmenté de 80 % », fait remarquer M. Pépin. Ce dernier estime que son entreprise aura assez de contenants pour approvisionner ses clients, mais il conseille à tous les acériculteurs d’acheter leurs stocks d’avance, car d’autres fournisseurs, qui avaient l’habitude de s’approvisionner en Chine, pourraient vivre d’importantes pénuries. « Cette année, avec le prix des conteneurs qui a explosé, on ne sait même pas quel sera le prix des cannes chinoises et il n’y a aucune garantie qu’elles seront disponibles pour le temps des sucres. Même chose pour les barils. À mon avis, le baril chinois, c’est terminé. Il va y avoir une problématique, car les manufacturiers québécois et nord-américains ne pourront peut-être pas compenser pour ce qui ne pourra plus venir de la Chine », prévient-il.

Cette mise en garde concernant les contenants de sirop s’applique aussi aux équipements, souligne M. Pépin. « Remplacer de la tubulure coûte 25 % plus cher cette année. Et même si on voit une légère amélioration dans la disponibilité de la résine [servant à produire la tubulure], je dis aux clients : “Avant d’enlever la tubulure dans votre érablière, assurez-vous d’en avoir dans le garage.’’ »

Le Groupe BMR constate aussi une hausse significative des prix du matériel acéricole par rapport à l’an dernier et les inventaires sont beaucoup plus limités, explique Julie Crevier, directrice des communications. « De notre côté toutefois, nous avons réussi à garantir nos inventaires habituels, mais ça joue du coude en approvisionnement. […] C’est une situation très difficile pour l’approvisionnement en contenants de sirop, barils, tubulures et autres produits acéricoles. Le prix plus élevé de l’acier et des conteneurs explique la hausse des prix », indique-t-elle.

« Il faudra augmenter le prix du sirop »

Les hausses de prix de l’équipement acéricole, des barils et des emballages de sirop, sans oublier la hausse du prix du mazout, entraîneront des coûts de production supérieurs pour plusieurs érablières. Cela pourrait obliger des producteurs à refiler la facture au consommateur. « Je crois que je n’aurai pas le choix d’augmenter le prix de mon sirop. Certains consommateurs vont comprendre, d’autres peut-être pas, mais même en augmentant mon prix, il ne m’en restera pas plus dans les poches », souligne Christian Benoit, qui vend son sirop au détail en Montérégie et dans la région montréalaise. Il sait toutefois que hausser ses prix n’est pas sans risque, lui qui a déjà noté une légère baisse de ses ventes de sirop cette année dans l’ensemble de ses points de vente. Vincent Pépin, acériculteur et copropriétaire de Dominion & Grimm, prévoit qu’il y aura une hausse 2,50 à 3 $ le gallon « juste pour le packaging », ce qui lui laisse croire que les producteurs devront augmenter leurs prix au détail.