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Pierre Lemieux a insisté avec répétition pour faire voter une résolution demandant au ministère des Forêts de modifier les règles d’attribution des subventions, y voyant des apparences de conflits d’intérêts.

Pierre Lemieux a insisté avec répétition pour faire voter une résolution demandant au ministère des Forêts de modifier les règles d’attribution des subventions, y voyant des apparences de conflits d’intérêts.

Des apparences de conflits d’intérêts dans les subventions en forêt privée

QUÉBEC – Habituellement calme, l’assemblée générale de la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) a pris une tournure de confrontation entre certains producteurs, à Québec le 3 juin, sur la question de l’attribution des millions de dollars de subventions du gouvernement québécois en forêt privée.

Le producteur forestier et ancien vice-président de l’Union des producteurs agricoles, Pierre Lemieux, a pris le micro à plusieurs reprises pour dénoncer l’attribution de l’argent des contribuables par les agences régionales de mise en valeur de la forêt privée. « Il y a des apparences de conflits d’intérêts assez fortes. Je commence à être gêné. Un jour, ça va frapper quand ça va sortir. […] On est au conseil d’administration, on est imputables. […] Je ne veux pas me faire accuser. […] C’est essentiel de revoir les règles d’attribution. Je vous invite à agir fortement et rapidement », a-t-il lancé au président de la FPFQ, Pierre-Maurice Gagnon.

En entrevue avec La Terre, M. Lemieux a précisé que l’argent de l’État était principalement envoyé aux groupements forestiers, ce qui a pour effet de favoriser certains producteurs ou entreprises plutôt que d’autres. Il demande un accès égal pour tous les producteurs aux programmes de subvention. Une résolution a été soumise au vote demandant ainsi au ministère des Forêts du Québec de modifier les règles d’attribution desdites subventions. La moitié des participants était contre cette demande, dont le producteur Jean-Marie Bélisle. « Si on fait ça, ce sera une guerre avec les groupements forestiers. On n’a pas besoin de ça. Ça ne me tente pas d’aller à la guerre », a-t-il dit, ajoutant que le gouvernement, devant un conflit de ce genre, pourrait tout simplement réagir en cessant de subventionner la forêt privée. Lui-même administrateur d’une agence régionale, il a précisé que l’argent n’est pas dépensé « n’importe comment » et qu’un plafond limite le montant des subventions par producteur.

Finalement, Pierre Lemieux est revenu au micro pour interrompre les tergiversations en demandant un point d’ordre, l’une des mesures ultimes qui régissent les assemblées et qui est rarement employée dans les assemblées de producteurs agricoles ou forestiers.

Le résultat du vote a été très serré; 22 délégués ont voté en faveur, tandis que 20 se sont prononcés contre.

Le président se retire

Même s’il lui restait encore un an à la présidence de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, Pierre-Maurice Gagnon a décidé de démissionner à la suite de l’assemblée générale annuelle. « Les choses se sont précipitées. Je sentais qu’il y avait encore gros du monde derrière moi, une majorité, mais d’autres qui voulaient que je sorte. Ça fait que je pars. On a pris la décision ensemble. On voulait que la Fédération garde son unité; c’était le plus important », explique celui qui était président depuis 17 ans.

Est-ce que la résolution mouvementée menée par Pierre Lemieux a forcé sa décision de partir? « Non, ce n’est pas ça. Je connais Pierre depuis longtemps. Oui, c’est un dur, mais moi, je suis un tough. Ça en prend des comme lui, ça en prend de tous les genres dans un groupe », a commenté le forestier du Saguenay–Lac-Saint-Jean.