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Le ministre des Forêts, Pierre Dufour, a eu le courage de se présenter devant les acériculteurs, même s’il avait les mains vides. Photo : Martin Ménard/TCN

Le ministre des Forêts, Pierre Dufour, a eu le courage de se présenter devant les acériculteurs, même s’il avait les mains vides. Photo : Martin Ménard/TCN

Des acériculteurs déçus devant le ministre des Forêts

DRUMMONDVILLE – Les attentes des acériculteurs étaient élevées envers le ministre des Forêts concernant la sauvegarde du potentiel acéricole en forêt publique. L’annonce du ministre a plutôt déçu de nombreux délégués présents à l’assemblée générale annuelle des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), tenue à Drummondville, le 25 mai.

Le ministre Pierre Dufour a commencé son allocution devant une foule d’acériculteurs en enlevant sa cravate et en desserrant le bouton du collet de sa chemise. Il semblait appréhender cette foule de producteurs, dont plusieurs chauffés à bloc, qui voulaient lui faire part de leur mécontentement sur la gestion du potentiel acéricole. Les producteurs espéraient une annonce concrète; le ministre est plutôt venu leur dire qu’il tiendra des consultations publiques sur le Plan directeur ministériel pour le développement de l’acériculture en forêt publique. Ce plan déjà connu des PPAQ, et sans objectifs précis, n’a pas soulevé la foule. Idem pour l’annonce des consultations, lesquelles se tiendront du 26 mai jusqu’au 26 juillet. Le ministre a indiqué que le plan définitif sera ensuite déposé d’ici l’automne 2022 et soutenu par un plan d’action. Les fameuses Tables locales de gestion intégrée des ressources et du territoire (TLGIRT), où certains acériculteurs ne se sentent plus les bienvenus, seront interpellées pour la mise en œuvre de ces actions.

« On avait de grandes attentes et elles sont loin d’être atteintes », a résumé Serge Beaulieu, le président sortant des PPAQ, qui laisse sa place à Luc Goulet.

La « guerre mondiale »

Au micro, d’autres acériculteurs sont venus exprimer leur frustration au ministre. À commencer par Jonathan Blais, de l’Estrie. « On a dit qu’il nous fallait 200 000 hectares [d’érablières protégées]; vos coupes à haute maturité financière, c’est quoi ça, pour nos jeunes? C’est la mise à mort [des érablières]. Pensez-vous qu’on va laisser aller ça de même? »

Ensuite, Roberto Landry, du Bas-Saint-Laurent, a fait part de son constat des coupes autorisées par le ministère près de chez lui. « Ce qui se passe dans vos forêts, M. Dufour, ça ne fonctionne pas. Je voulais que les gens du Ministère viennent voir le massacre que vos gens ont fait. […] j’ai fait venir un spécialiste pour voir ça. En débarquant dans le chemin, il a dit : “Ben voyons donc!”  […] Je ne lâcherai pas prise; il va y avoir une troisième guerre mondiale, et ça ne sera pas en Ukraine », a dit M. Landry.

En tombée de rideau, Serge Beaulieu, après plus de 30 ans d’implication syndicale et 14 comme président des PPAQ, a lancé la dernière demande de son mandat au ministre Dufour.

« En attendant [le plan d’action et ses discussions], est-ce qu’il y a moyen que l’industrie ne coupe pas autour de nos érablières? » Le ministre s’est contenté de dire
« merci Serge », pour l’implication aux PPAQ. 


2022 : la plus grosse récolte de l’histoire?

Sans posséder les chiffres officiels, les dirigeants des PPAQ anticipent une production de sirop record qui devrait ajouter près de 200 millions de livres sur le marché. « C’est une bonne nouvelle pour le consommateur et pour la réserve qu’on regarnit », a commenté le président sortant Serge Beaulieu.