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Admiré et connu comme un défenseur des communautés rurales et des propriétaires de boisés, Peter deMarsh avait un savoir institutionnel, une passion et un amour incomparable pour la ruralité. Photos : Gracieuseté de la famille de Peter deMarsh

Admiré et connu comme un défenseur des communautés rurales et des propriétaires de boisés, Peter deMarsh avait un savoir institutionnel, une passion et un amour incomparable pour la ruralité. Photos : Gracieuseté de la famille de Peter deMarsh

Attribution de la première bourse commémorative Peter-deMarsh

Un peu plus de trois ans après le décès de Peter deMarsh, la première bourse pour commémorer son œuvre a été attribuée à Jog Raj Giri, président de l’Association des propriétaires forestiers familiaux du Népal, qui pourra ainsi prendre part au 5e Congrès international sur l’agroforesterie qui se tiendra à Québec en juillet prochain.

Pour la Fédération canadienne des propriétaires forestiers et l’Alliance internationale pour la foresterie familiale, les deux organismes à l’origine de la création de la bourse et qui étaient présidés par Peter deMarsh, cette initiative vient honorer un engagement envers l’un des premiers défenseurs des intérêts des propriétaires de boisés au Canada, mais aussi partout dans le monde. 

Natif du Nouveau-Brunswick, Peter deMarsh est tragiquement décédé le 10 mars 2019 à bord d’un avion d’Ethiopian Airlines qui s’est écrasé peu après le décollage alors qu’il se rendait à une conférence des Nations unies sur l’environnement à Nairobi, au Kenya.

« Peter s’en allait là-bas pour défendre la voix des producteurs forestiers. C’était un homme qui agissait au niveau local, mais aussi national et international face aux autorités publiques. On en voit, des gens dans notre milieu qui s’impliquent, mais rarement aux trois niveaux comme il l’a fait », salue Marc-André Côté, de l’Union des producteurs agricoles, qui connaissait Peter deMarsh depuis près de 25 ans.

Luke deMarsh en compagnie de son père Peter.

Luke deMarsh en compagnie de son père Peter.

D’ailleurs, malgré ses engagements internationaux, Peter deMarsh a toujours continué à appuyer les initiatives des producteurs forestiers de la communauté de Taymouth où il a grandi. « Papa était un fier Néo-Brunswickois, un fier Canadien et un fier citoyen du monde qui a consacré sa vie au soutien d’économies rurales saines et résilientes, localement et partout sur la planète, en particulier dans les domaines de la foresterie et de l’agriculture », témoigne son fils Luke, qui fait partie du jury chargé d’évaluer les candidatures à la bourse commémorative Peter-deMarsh, en compagnie de Marc-André Côté et de Bob Austman, de la Woodlot Association of Manitoba (Association des propriétaires forestiers du Manitoba).

Immédiatement après le décès de Peter deMarsh, les gens partageant ses valeurs se sont mobilisés pour perpétuer son engagement. « Peter estimait que dans les grandes assemblées, les producteurs forestiers n’étaient pas présents. Il y avait des ambassadeurs et des grands fonctionnaires qui parlaient de forêts, de biodiversité, de réchauffement climatique, mais nous n’étions pas là. Des décisions étaient prises sans tenir compte de la réalité sur le terrain », déplore Marc-André Côté.

La bourse commémorative Peter-deMarsh a été créée par la Fédération canadienne des propriétaires forestiers et l’Alliance internationale pour la foresterie familiale, en collaboration avec l’UPA Développement international.

La bourse commémorative Peter-deMarsh a été créée par la Fédération canadienne des propriétaires forestiers et l’Alliance internationale pour la foresterie familiale, en collaboration avec l’UPA Développement international.

« Mon père était heureux dans son jardin, son boisé et avec sa famille et ses amis. Cependant, il était également passionné par le côté académique de son travail. C’est pourquoi la bourse a été créée en tant que mécanisme pour faire avancer son travail, en soutenant la recherche universitaire et le rassemblement de praticiens mondiaux des forêts familiales. Papa était très inspiré par l’énergie et l’innovation des jeunes pour relever les défis environnementaux extrêmes auxquels nous sommes tous confrontés », renchérit son fils Luke, qui perpétue l’héritage paternel en gérant le boisé familial selon les convictions inculquées par son père.

Luke deMarsh souligne que l’engagement de son père provient de valeurs profondes acquises dès son plus jeune âge. « Notre famille a une très forte tradition de justice sociale et papa l’a appliquée à la foresterie familiale tout au long de sa vie. Il a toujours cherché à trouver un équilibre entre la conservation de l’intégrité écologique de la forêt et les avantages économiques qu’on pouvait en tirer. »

Le président de l’Association des propriétaires forestiers familiaux du Népal, Jog Raj Giri, est le premier récipiendaire de la bourse commémorative Peter-deMarsh. Photo : Photo tirée de Facebook

Le président de l’Association des propriétaires forestiers familiaux du Népal, Jog Raj Giri, est le premier récipiendaire de la bourse commémorative Peter-deMarsh. Photo : Photo tirée de Facebook

Une bourse, deux volets

La participation de Jog Raj Giri à Québec en juillet prochain vient correspondre à l’un des deux volets de la bourse Peter-deMarsh, l’autre étant d’appuyer des étudiants de maîtrise ou de doctorat qui s’intéressent aux rôles des propriétaires de boisés ou des associations de propriétaires de boisés dans la résolution d’enjeux sociaux, économiques ou environnementaux. 

« C’est important que les petites associations forestières locales participent à des conférences internationales pour faire entendre leur point de vue. On parle de changements climatiques, de biodiversité, mais souvent, les décisions sont prises par des grands fonctionnaires sans tenir compte des problèmes que vivent les producteurs forestiers. Les décisions sont souvent mal incarnées dans la réalité du terrain », soutient Marc-André Côté.

Peter deMarsh était convaincu que les propriétaires forestiers étaient les mieux placés pour assurer la gestion durable d’un patrimoine naturel transmis généralement d’une génération à l’autre, souvent dans la même famille.

Compte tenu de cet engagement contagieux, la création de cette bourse allait de soi, selon Marc-André Côté. « Son travail était reconnu par un paquet d’intervenants. L’ensemble du secteur forestier canadien le connaissait. Tout de suite après son décès, nous nous sommes réunis pour voir comment on pourrait honorer sa mémoire. »

Cette initiative a touché le clan deMarsh. « Notre famille est incroyablement fière de la création de la bourse commémorative Peter-deMarsh. C’est un mécanisme fantastique pour maintenir son héritage en vie et en évolution », conclut son fils Luke.


Quelques engagements de Peter deMarsh
York Sunbury Charlotte Forest Products Marketing Board, au Nouveau-Brunswick (1972-1988);
Fédération des propriétaires de boisés du Nouveau-Brunswick (1976);
Fédération canadienne des propriétaires de boisés (1989);
Alliance internationale pour la foresterie familiale (2002);


Bourse commémorative Peter-deMarsh
Une bourse pouvant totaliser 3 000 $ pour aider des représentants d’organismes de propriétaires forestiers canadiens ou étrangers à participer à des conférences internationales portant sur des enjeux interpellant les propriétaires forestiers;

Une bourse de 10 000 $ pour un étudiant canadien ou étranger en voie de terminer ses travaux de maîtrise ou de doctorat dans une université canadienne. Le projet de recherche devra s’intéresser aux rôles des propriétaires de boisés ou des associations de propriétaires de boisés dans la résolution d’enjeux sociaux, économiques ou environnementaux.


La Médaille du service méritoire décernée à Peter deMarsh

Peter deMarsh compte parmi les récipiendaires 2022 de la Médaille du service méritoire, remise par le gouvernement du Canada. Cette haute distinction souligne la contribution d’individus qui ont réalisé des gestes exceptionnels et utiles pour le pays et qui lui font honneur. Elle a été remise à M. deMarsh à titre posthume en reconnaissance de son travail pour les droits des propriétaires fonciers.


Cet article a été publié dans le magazine Forêts de chez nous de mai 2022