fbpx
Crédit photo : Centre de formation agricole de Saint-Anselme.

Crédit photo : Centre de formation agricole de Saint-Anselme.

Acériculture : mieux se former pour plus de rentabilité

Par l’acquisition d’un diplôme d’études professionnelles (DEP) ou de formations ponctuelles, les occasions de parfaire ses connaissances en production acéricole n’ont cessé de se multiplier au cours des 15 dernières années. Un peu partout au Québec, différentes formules d’enseignement témoignent d’une considérable transformation de l’industrie.

Jadis basée sur la transmission de techniques le plus souvent liées à des savoirs subjectifs et variables, l’acériculture présente aujourd’hui un nouveau visage. Si la cabane à sucre artisanale destinée à satisfaire les besoins familiaux existe toujours, un nombre croissant d’érablières tendent à devenir de véritables entreprises. Désormais, les mots d’ordre d’un secteur en pleine évolution sont la rentabilité, la polyvalence, la qualité et l’efficacité.

« L’industrie s’est complexifiée, de nouvelles technologies ont fait leur apparition et comme la saison est courte, il y a un souci de maximiser le rendement. Pour prendre les bonnes décisions, des connaissances sont nécessaires », fait valoir Caroline Marchand, agente de développement au Centre de formation agricole (CFA) Saint-Anselme, l’un des cinq établissements du genre au Québec à offrir le DEP en production acéricole.

Approuvé en 2001 par le ministère de l’Éducation, le programme de 1 005 heures vise précisément à former des ouvriers spécialisés ou à améliorer les compétences des propriétaires d’exploitations. Divisé en deux blocs – Aménagement de la forêt et Production –, le contenu du DEP concerne tous les volets du travail en érablière, de l’entaillage au conditionnement du sirop, en passant par le nettoyage de l’équipement.

Crédit photo : Centre de formation agricole de Saint-Anselme.

Crédit photo : Centre de formation agricole de Saint-Anselme.

Le directeur du Centre régional d’initiatives et de formation en agriculture (CRIFA) situé à Coaticook, Claude Giguère, ajoute que les notions enseignées sur l’abattage sécuritaire des arbres, notamment, représentent l’un des atouts du diplôme. « Aussi, nous savons que plusieurs fermes ont des érablières. Chez nous, il y a un DEP en production animale et nombreux sont ceux qui choisissent d’y joindre la formation en acériculture. »

« Les enseignants qui donnent les cours sont des personnes très expérimentées dans le domaine de l’acériculture, ajoute pour sa part Kim Turmel, conseillère pédagogique au Centre de formation professionnelle [CFP] Le Granit, à Lac-Mégantic. Ce sont des gens de terrain qui ont acquis beaucoup de connaissances techniques et des compétences pratiques. Ils favorisent la recherche de solutions appropriées à toute une panoplie de situations. »

Incitatifs et taux de placement

Pour l’obtention de contingent auprès de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ), le fait de détenir un DEP procure par ailleurs un avantage non négligeable. Lors du dernier exercice d’attribution réalisé par l’organisation, au moment d’évaluer les candidatures dans les catégories Relève et Démarrage, le critère de formation a compté pour 25 points sur 100 dans l’appréciation globale du dossier.

S’il ne s’agit pas de l’unique condition permettant de se qualifier, un diplômé en production acéricole désireux de s’établir dans une exploitation existante ou de démarrer sa propre entreprise a en outre la possibilité de se prévaloir du Programme d’appui financier à la relève agricole mis en place par La Financière agricole du Québec. La subvention accordée, versée dans le but de répondre à différents besoins, peut atteindre 20 000 $.

Le Centre de formation agricole de Saint-Anselme.

Le Centre de formation agricole de Saint-Anselme.

Qu’en est-il maintenant du taux de placement des détenteurs du DEP? Selon les fiches d’adéquation formation-emploi du ministère de l’Éducation, pour les années 2012 et 2013, environ 80 % des personnes en emploi à temps plein jugeaient que leur gagne-pain était relié à leur domaine d’études. De ce groupe, ceux qui travaillaient à leur compte étaient toutefois exclus.

Formations ponctuelles

L’étendue du territoire, les besoins et les réalités vécues par les producteurs acéricoles ont aussi donné lieu à des cours plus ponctuels et de courte durée. Plusieurs centres de formation et certaines associations de producteurs ou de propriétaires forestiers proposent ainsi des contenus de cours de quelques heures sur l’une ou l’autre des thématiques abordées dans le cadre du DEP.

Régulièrement mis à jour, le site des Collectifs régionaux en formation agricole regroupe, par région, l’ensemble de cette offre. De plus, il permet de s’inscrire à des ateliers de perfectionnement qui touchent, notamment, la transformation avancée des produits de l’érable, l’amendement et le chaulage, l’utilisation du GPS en érablière et la transition vers une production acéricole biologique.

Le site fait également la promotion de la formation Du sirop d’érable de qualité élaborée par la FPAQ, de même que celles du Centre ACER, soit L’univers des défauts de saveur du sirop en grands contenants et Utilisation et calibration des instruments de mesure en acériculture. Enfin, en janvier de chaque année, le ministère québécois de l’Agriculture organise, sous forme de tournée provinciale, la populaire Journée acéricole.