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Martin Breton, Érablière M2; Pierre Boivin, président du Collectif de Bolton-Ouest; Syed Mohamed, Apiculture WB Gold; Normand Beaudry, Ânecdotes. Photo : Gracieuseté

Martin Breton, Érablière M2; Pierre Boivin, président du Collectif de Bolton-Ouest; Syed Mohamed, Apiculture WB Gold; Normand Beaudry, Ânecdotes. Photo : Gracieuseté

À quand le sirop d’appellation Bolton-Ouest?

Après l’agriculture et la foresterie qui constituent jusqu’à présent le cœur de son action, voilà que le Collectif de Bolton-Ouest (lecollectifboltonouest.ca) entend développer l’acériculture au cours des prochaines années, toujours dans le respect d’un écosystème durable et résilient inspiré des concepts de l’agroécologie et de la permaculture.

Mis sur pied en 2015 en Estrie, cet organisme à but non lucratif (OBNL) est une association de propriétaires, de producteurs et de consommateurs regroupant près d’une cinquantaine de propriétés membres sur une surface d’environ 5 000 acres (2 023 hectares) qui vise la valorisation du territoire. 

Les membres se sont tout d’abord concentrés sur des initiatives touchant l’agriculture (culture, élevage et apiculture) et la foresterie (sylviculture, produits forestiers non ligneux et crédits carbone), mais l’attribution de sept millions d’entailles en 2021 par les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) était l’occasion rêvée d’ajouter une corde à leur arc. 

Dix propriétaires membres du collectif avaient déposé individuellement des demandes totalisant 41 750 entailles, mais au terme du processus, le regroupement en a finalement obtenu 19 505. 

« Grâce à l’obtention de ces premiers nouveaux contingents et à notre terroir exceptionnel, nous pensons développer des produits de niche uniques et réalisés dans le respect de notre forêt et de sa biodiversité. C’est déjà quelque chose que nous avons mis en place avec le miel », explique Martin Breton, porteur du module acéricole pour le Collectif de Bolton-Ouest. Dans une perspective à plus long terme, le potentiel global des érablières concernées est de 87 230 entailles.

Comme ils l’ont appliqué dans leurs chantiers précédents en agriculture et en foresterie, les membres du collectif entendent procéder de la même façon en mettant en commun leurs connaissances, main-d’œuvre, équipements, réseaux de contacts, etc. 

« En se regroupant, on se donne un pouvoir de négociation. Si, au lieu d’acheter 10 000 mètres de tubulure pour mes besoins, il m’en faut 60 000 pour le groupe, ça me donne un meilleur pouvoir d’achat. Même chose pour la main-d’œuvre. En regroupant nos petites érablières, on pourra embaucher des salariés à temps plein plutôt qu’à temps partiel », poursuit Martin Breton, qui est jusqu’ici le seul qui produit son sirop dans le groupe avec
1 500 entailles. 

Pour la saison 2023, seuls lui et un autre membre du collectif auront eu le temps d’installer les entailles qui leur ont été attribuées. Dans le contexte où les équipementiers peinent à répondre à la demande à la grandeur du Québec, Martin Breton entretient des doutes à propos du délai du printemps 2024 instauré par les PPAQ pour la mise en place des sept millions d’entailles.

Étant donné la nature de la mise en marché du sirop au Québec, l’acériculteur dit être en discussion avec les PPAQ sur la façon dont, à plus long terme, les dix membres pourraient collectivement développer des produits de niche tout en respectant les règles. « Actuellement, nous ne pouvons pas mettre en commun nos récoltes. Je peux faire bouillir à forfait l’eau d’érable d’un membre ou il peut me la vendre », conclut Martin Breton, qui aimerait dans un monde idéal que le collectif puisse construire un centre de bouillage commun à Bolton-Ouest.