L’Américain David Chapman veut contrer les faiblesses de la norme biologique américaine en réclamant des conditions plus sévères à respecter pour obtenir la certification d’aliments considérés comme « vraiment biologiques ». Photo : Gracieuseté de David Chapman

L’Américain David Chapman veut contrer les faiblesses de la norme biologique américaine en réclamant des conditions plus sévères à respecter pour obtenir la certification d’aliments considérés comme « vraiment biologiques ». Photo : Gracieuseté de David Chapman

Des fermiers américains se rebellent contre la norme biologique

Des agriculteurs américains affirment que les consommateurs ne peuvent plus compter sur la norme biologique américaine actuelle pour savoir si l’aliment qu’ils achètent a été conçu de façon industrielle ou s’il a été véritablement produit selon les fondements du bio, dans un sol en santé et avec le souci de l’environnement et du bien-être animal. Cette contestation des Américains trouve écho jusqu’au Canada.

Le mouvement baptisé Real Organic Project, dont la traduction libre est Projet vraiment biologique, fait notamment suite aux décisions controversées du département de l’Agriculture des États-Unis (USDA), qui autorise maintenant la production hydroponique de fruits et de légumes biologiques.

L’agriculteur David Chapman ajoute que l’USDA vient également de rejeter un règlement qui aurait fait en sorte de rendre obligatoire l’accès à l’extérieur des bâtiments d’élevage aux animaux issus de productions biologiques. Il mentionne à La Terre que de grandes fermes veulent recevoir la prime bio, mais ont fait pression sur le gouvernement pour ne pas être obligées d’offrir à leurs animaux l’exposition au grand air.

Une certification pour le « vrai » bio

Une quinzaine d’agriculteurs et de scientifiques se sont rencontrés dernièrement au Vermont afin d’amener le projet à une autre étape. Ils veulent établir une nouvelle certification qui « ramènera le biologique à ses racines ». Celle-ci s’ajoutera aux normes de l’USDA et précisera, par exemple, que les légumes ont été véritablement cultivés dans un sol organique et que les animaux ont eu accès au pâturage. Un projet-pilote permettra de délivrer dès cette année la certification à environ 50 fermes à travers les États-Unis.

Des sceptiques

Le média Vermont Public Radio souligne dans un article le scepticisme de plusieurs intervenants relativement au « projet vraiment bio », qui croient que cela pourrait créer de la confusion auprès des consommateurs et dévaluer la certification qui est déjà en vigueur. Un autre intervenant affirme qu’il faut rendre les aliments biologiques plus accessibles à la population et qu’à cet effet, la nouvelle certification pourrait être associée à des produits coûteux réservés aux mieux nantis. La solution n’est pas d’ajouter une couche de règlements, mais de renforcer la réglementation existante, précise une source de la Vermont Public Radio.

Échos au Québec  

Des producteurs québécois suivent ce mouvement avec attention. Ils s’inquiètent que la culture hydroponique aux États-Unis, qui n’utilise ni sol ni terre, soit maintenant admissible à la certification biologique. D’une part, cela pourrait miner leur compétitivité. D’autre part, ils ne veulent pas que la norme bio canadienne imite celle des Américains et accepte éventuellement l’hydroponie comme méthode de production biologique.

« La chicane est pognée aux États-Unis sur ce sujet-là. J’en entends parler régulièrement. Personnellement, je crois que l’hydroponie est là pour rester en bio, car la priorité du gouvernement Trump est de protéger le commerce, pas les grands principes de l’agriculture biologique », mentionne Nicole Boudreau, coordonnatrice à la Fédération biologique du Canada.