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Le Sommet agroenvironnemental Agriculture, nature et communauté a permis de constater que les projets qui connaissent du succès en matière environnementale sont ceux où les producteurs se regroupent pour modifier ensemble leurs pratiques culturales.. Photo : Martin Primeau/TCN

Le Sommet agroenvironnemental Agriculture, nature et communauté a permis de constater que les projets qui connaissent du succès en matière environnementale sont ceux où les producteurs se regroupent pour modifier ensemble leurs pratiques culturales.. Photo : Martin Primeau/TCN

Sommet agroenvironnemental : les producteurs demandent à être accompagnés

MONTRÉAL — Le Sommet agroenvironnemental Agriculture, nature et communauté tenu les 30 et 31 octobre à Montréal a permis de dégager un constat clair de la part des producteurs et des chercheurs qui ont participé aux discussions. Pour implanter des solutions environnementales pérennes en agriculture, il faudra commencer par mieux accompagner les producteurs.

Voilà l’une des conclusions avancées par Marcel Groleau, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), au terme de l’événement. Selon lui, « les producteurs sont déjà surchargés » et ont besoin d’un coup de main pour que les connaissances arrivent jusqu’à leurs oreilles et soient appliquées de la bonne façon. « Des programmes existent, mais si on pouvait les simplifier, ce serait très apprécié », a-t-il ajouté.

Sur le terrain, des initiatives qui unissent chercheurs et producteurs sont déjà en place. Jérôme Dupras, directeur du Laboratoire d’économie sociale de l’Université du Québec en Outaouais et coorganisateur de l’événement avec l’UPA, a d’ailleurs rappelé que les gouvernements mettaient à la disposition des chercheurs du financement pour la recherche appliquée. « C’est de ça qu’on a besoin pour avancer ensemble », a-t-il mentionné lors d’un point de presse clôturant l’événement.

Les organisateurs du Sommet ont par ailleurs retenu de l’événement que les projets qui connaissent du succès sont ceux où les producteurs se regroupent pour modifier ensemble leurs pratiques culturales afin d’atteindre un même objectif. « Je crois beaucoup à cette formule-là, a souligné Marcel Groleau. C’est par les groupes qu’on va le mieux transmettre l’information, que ce soit par bassin versant ou par coop, par exemple. Il faut que le producteur soit mis au centre de l’action. »

L’exemple de Nicolet-Yamaska

À cet effet, Jérôme Dupras a souligné l’exemple du Comité agroenvironnemental de Nicolet-Yamaska, formé il y a quelques années en vue d’améliorer la santé du lac Saint-Pierre. Claude Lefebvre, producteur et maire de Baie-du-Febvre, a justement pu témoigner lors d’une conférence du Sommet.

Claude Lefebvre. Crédit : Martin Primeau/TCN

Claude Lefebvre. Crédit : Martin Primeau/TCN

Depuis mars dernier, son regroupement est « passé à une vitesse supérieure », a-t-il dit, grâce à l’embauche d’une conseillère en environnement par la MRC Nicolet-Yamaska. Un jalon rendu nécessaire pour coordonner les efforts de tout le monde sur le terrain.

N’empêche que son groupe avait déjà réalisé de belles avancées jusque-là, amenant les producteurs à mieux aménager leurs bandes riveraines et à adopter des pratiques culturales pérennes, notamment le semis direct, les cultures de couverture et les engrais verts.

« Ç’a été long à implanter, a-t-il souligné, mais on constate de plus en plus que les gens adoptent ces nouvelles pratiques. Avec l’appui des chercheurs, je pense qu’on est en train de créer une nouvelle agriculture beaucoup plus intéressante en ce qui concerne l’environnement. »

Il espère maintenant que les initiatives prises dans sa région fassent école et amènent d’autres producteurs à se regrouper pour apprendre les uns des autres et générer un réel impact sur leurs cours d’eau et la santé de leurs sols. « On veut que ce soit LA vitrine du savoir-faire en environnement », a-t-il affirmé.