Le ministre Luc Blanchette a promis que la nouvelle réglementation touchera seulement 5 % des forêts privées. Crédit photo : Martin Ménard / TCN

Le ministre Luc Blanchette a promis que la nouvelle réglementation touchera seulement 5 % des forêts privées. Crédit photo : Martin Ménard / TCN

Règlement sur les milieux humides : les forêts seront peu touchées

BEAUPRÉ — La phrase que retiendront les 150 participants du 49e Congrès de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, tenu à Beaupré le 31 mai dernier, est sans contredit celle du ministre des Forêts. « Seulement 5 % des forêts privées seront touchées. Quatre-vingt-quinze pour cent seront exclues et ce n’est pas une opération du Saint-Esprit », a promis Luc Blanchette.

Impact sur les forestiers

Cette déclaration du ministre fait référence à la nouvelle réglementation sur les milieux humides et hydriques et son impact sur les travaux en forêt privée. Les producteurs sont très inquiets de la mise en place d’un projet de règlement actuellement à l’étude puisqu’un milieu humide, selon la définition proposée, peut comprendre une simple zone où l’eau s’accumule quelques semaines au printemps. Un propriétaire de forêt privée a confié à La Terre que plus de 50 % de ses superficies présentent ce type de « milieux humides ».

Améliorer les pratiques

Le chef d’équipe du ministère des Forêts associé à cette réglementation, Martin Joly, est venu expliquer que les milieux humides sont sensibles et que le passage de la machinerie peut briser les liens hydrologiques. Le ministère « ne veut pas faire cesser la foresterie en milieu humide, assure-t-il. On veut juste que les pratiques soient améliorées; qu’il n’y ait pas d’orniérage, pas de drainage, etc. ».

Le projet de règlement prévoit des compensations qui devront être versées par ceux qui portent atteinte aux milieux humides et hydriques. Certaines activités forestières nécessiteront aussi une déclaration de conformité environnementale, qui devra être signée par un professionnel et déposée minimalement 30 jours avant les travaux. « Aujourd’hui, il faut un permis pour tout. Le producteur forestier n’a plus d’autonomie. Il doit avoir l’avis de professionnels pour faire le moindre geste, ce qui lui coûte une fortune et augmente ses coûts de production », a réagi le forestier André Roy, du sud du Québec. Il s’est également dit inquiet que la construction de chemins forestiers soit considérée comme une destruction de milieux humides.

Martin Joly, le représentant du ministère, a répondu qu’il y aura des exemptions pour certaines activités à risques négligeables et que les chemins forestiers seront permis. « Mais pas les autoroutes en forêt », a-t-il souligné.

La suite

Ce nouveau projet de règlement a été soumis à une période de consultations publiques jusqu’en avril et quelque 200 mémoires ont été déposés. Le ministère procède actuellement à leur analyse. La version finale devrait voir le jour d’ici la fin de l’année.