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Rabaska : retour de 280 hectares en zone agricole?

Les 280 hectares (ha) dézonés pour accueillir le projet Rabaska, à Lévis, vont-ils retourner à l’agriculture?

C’est en tout cas le souhait formulé par le vice-premier ministre et ministre de l’Agriculture, François Gendron, le 3 octobre, après que Québec eut décidé de ne pas renouveler le bail de quatre ans décrété par le gouvernement Charest. Ce bail est venu à échéance en décembre dernier.

« Ça prend toutefois une décision du conseil des ministres pour réaliser cette opération », a précisé à la Terre l’attaché de presse du ministre, Maxime Couture, le 7 octobre. Pour l’heure, le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, et le député de Sainte-Marie/Saint-Jacques, Daniel Breton, ont officiellement signalé leur appui à l’orientation du ministre Gendron.

On se souviendra que le gouvernement Charest avait écarté la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) de cette affaire, par décret, le 3 octobre 2007. Un geste rare et décrié par plusieurs acteurs du secteur agricole. Le 16 octobre, la CPTAQ avait transmis un avis défavorable au gouvernement au sujet de la localisation envisagée pour ce terminal méthanier. La CPTAQ réitérait en quelque sorte l’orientation préliminaire qu’elle avait signifiée à la Ville de Lévis et à Rabaska un mois plus tôt.

Dans son avis, la CPTAQ soulevait qu’il y avait au moins deux sites potentiels aptes à recevoir ce projet gazier et de moindre impact sur l’agriculture, soit à proximité du port de Cacouna et de celui de Grande-Anse, dans le secteur Saguenay. « La réalisation de ce parc industrialo-portuaire signifiera la perte à long terme d’une superficie de plus de 500 ha de terres agricoles et boisées, comportant environ 300 ha de terres de potentiels agricoles moyens à bons, dont 150 ha cultivés, ont fait valoir les commissaires Lebeau, St-Pierre et Dion. C’est donc la vocation de tout un secteur de la zone agricole qui pourrait être compromise à long terme. »

Le port méthanier n’a pas vu le jour en raison de l’effondrement du prix du gaz naturel, conséquence de l’exploitation massive du gaz de schiste aux États-Unis. En entrevue au Soleil, le spécialiste Jean-Thomas Bernard, professeur en économie à l’Université d’Ottawa, a indiqué que les prix sont passés de 10 à 12 $ les 1 000 pi2 à environ 3 à 4 $ et ne se sont jamais relevés. Il ne croit pas que le prix du gaz naturel en Amérique du Nord reprenne du mieux avant 15 à 20 ans.