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Québec tranche : la gare de Mirabel en zone urbaine

Québec va construire la gare de train de banlieue de Mirabel en zone urbaine, et non en territoire agricole, a appris la Terre.

Cette décision politique met fin à une saga qui dure depuis 2006.

Selon nos informations, le ministre québécois des Transports, Sylvain Gaudreault, a mandaté le président-directeur général de l’Agence métropolitaine de transport (AMT), Nicolas Girard, de trouver un terrain ailleurs qu’en territoire agricole pour l’ériger. Le ministre précise qu’il compte procéder à une annonce d’ici la période des Fêtes.

Le maire de Mirabel, Hubert Meilleur, se retrouve donc sur la voie de garage, lui qui tenait à tout prix à ce que la gare aille en territoire agricole. Et il a encore des doutes que la gare verra le jour en zone urbaine, ne serait-ce qu’en raison de la facture salée qui s’y rattache. « Ça n’est pas impossible, a-t il déclaré à la Terre, le 19 septembre dernier. Mais est-ce que Québec, qui se trouve dans une situation financière difficile, va aller de l’avant avec une gare en zone urbaine qui va coûter au moins 10 M$ de plus? Est-ce que ça vaut la peine de dépenser autant d’argent pour soi-disant sauver 350 000 pieds carrés en territoire agricole, alors que les droits acquis sur ce terrain permettent toujours d’y implanter d’autres usages non agricoles? »

Deux facteurs additionnels semblent avoir fait définitivement pencher la balance en faveur d’une localisation en zone blanche. D’une part, l’avis spécial de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) réclamé par le ministre québécois de l’Agriculture, François Gendron. La CPTAQ a en effet conclu, le 19 juillet, que l’option privilégiée par Mirabel risquait d’entraîner, à terme, la disparition de l’agriculture dans ce secteur et qu’il existait des emplacements en zone urbaine pour accueillir cette infrastructure.

D’autre part, il y a eu la décision de l’Agence métropolitaine de transport (AMT), le 20 juin dernier, de surseoir pour une période indéterminée à la construction de cette gare, étant donné l’absence de consensus et les vives dissensions qu’elle suscite depuis longtemps. Ces éléments s’ajoutent aux trois refus essuyés par Mirabel dans cette affaire : deux de la CPTAQ et une autre du Tribunal administratif du Québec.

Pancartes

La décision de Québec contredit le message véhiculé sur les pancartes installées aux abords de l’autoroute des Laurentides par la MRC de Mirabel. « Le gouvernement du Québec dit NON à la gare de Mirabel », peuvent lire les automobilistes souvent immobilisés en raison du trafic. M. Meilleur n’a pas voulu reconnaître que ce message était tendancieux en laissant croire que Québec est contre toute gare à Mirabel.