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Entre 75 et 80 fermes de pommes de terre sont visées par un nouveau règlement qui obligera les producteurs à filtrer leurs eaux, après le lavage de légumes, pour qu’elles atteignent une concentration de 50 mg de ppm/L. Photo : Archives / TCN

Entre 75 et 80 fermes de pommes de terre sont visées par un nouveau règlement qui obligera les producteurs à filtrer leurs eaux, après le lavage de légumes, pour qu’elles atteignent une concentration de 50 mg de ppm/L. Photo : Archives / TCN

Normes d’eaux de lavage inatteignables, selon des producteurs

L’entrée en vigueur au 31 décembre du Règlement sur l’encadrement d’activités en fonction de leur impact sur l’environnement (REAFIE) a retenu l’attention des agriculteurs lors de l’assemblée générale annuelle virtuelle des Producteurs de pommes de terre du Québec, le 19 novembre. Selon le président de l’organisation, Francis Desrochers, plusieurs membres ont manifesté leurs inquiétudes quant au nouveau seuil de concentration de particules en suspension dans les eaux rejetées après le lavage de légumes, qu’ils jugent inatteignable.

Francis Desrochers

Francis Desrochers

Entre 75 et 80 fermes de pommes de terre sont visées par ce nouveau règlement qui obligera les producteurs à filtrer leurs eaux usées jusqu’à ce qu’elles atteignent une concentration qui tourne autour de 50 mg de parties par million (ppm) par litre (L) avant le rejet dans la nature.

« J’ai fait le calcul. L’équipement pour me conformer à ces normes à ma ferme représente des investissements d’environ 450 000 $. Ça n’a pas de sens », explique ce producteur qui cultive 400 acres de pommes de terre à Saint-Paul, dans Lanaudière.

Trois ans pour se conformer

Si des incertitudes demeurent quant au délai de conformité accordé aux fermes de plus de 20 ha, celles qui cultivent entre 5 et 20 ha disposent de trois ans pour se mettre aux normes. « On fait beaucoup de représentations. Des tests sont effectués, avec l’aide de l’IRDA [Institut de recherche et de développement en agroenvironnement] pour déterminer ce qui serait réaliste », ajoute le producteur, qui estime avoir « de l’écoute du gouvernement ».

Un seuil de conformité variant entre 150 mg et 250 mg de ppm/L serait atteignable, selon les estimations de son organisation. « On va voir ce que les tests et les discussions donneront. Si on n’est pas capables d’atteindre le seuil demandé à un prix raisonnable, c’est certain qu’on veut que le règlement soit adapté », conclut-il.

Saison « moyenne » dans la pomme de terre

Comme plusieurs de leurs confrères dans d’autres productions maraîchères, les producteurs de pommes de terre ont connu une saison 2020 plutôt « moyenne », principalement en raison de la météo. Après avoir été contraints de repousser le début des récoltes de deux semaines parce que les plants n’étaient pas à maturité, des agriculteurs ont peiné à sortir leur machinerie au champ pour recueillir les légumes, au début octobre, en raison de la pluie.

« Normalement, les récoltes commencent à la mi-septembre. Mais avec les sécheresses qu’on a eues cet été, la maturité des plants n’était pas complétée pour plusieurs producteurs qui ont préféré attendre à octobre. Sauf que là, il s’est mis à pleuvoir », raconte Francis Desrochers, président des Producteurs de pommes de terre du Québec.    

Son organisation estime que les producteurs ont laissé, au moment des récoltes, entre 1 500 et 2 000 acres de légumes aux champs sur les 48 000  cultivés au total à travers le Québec. Le président remarque par ailleurs beaucoup de malformations sur les légumes en raison de la récolte tardive.

« Ce n’est pas une baisse significative, finalement. C’est pour ça qu’on dit que ça a été moyen. […] Des producteurs ont profité du redoux vers la mi-octobre pour retourner aux champs et récolter le plus qu’ils pouvaient », ajoute M. Desrochers, selon qui les prix offerts aux producteurs, par ailleurs, ont été plutôt bons cette année, dans la pomme de terre de table, mais aussi du côté du prépelage et de la croustille.