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Le sarcleur de précision est équipé du moteur recyclé d’une récureuse à plancher. Photo : Crédits photos : Reid Allaway, Ferme coopérative Tourne-Sol

Le sarcleur de précision est équipé du moteur recyclé d’une récureuse à plancher. Photo : Crédits photos : Reid Allaway, Ferme coopérative Tourne-Sol

Ferme Tourne-Sol : quand la machinerie carbure à l’électricité

LES CÈDRES – La Ferme coopérative Tourne-Sol repousse les limites de son engagement envers l’environnement. Depuis le printemps, la livraison de l’ensemble des légumes que produit la ferme biologique des Cèdres, en Montérégie, se fait sans une goutte d’essence. L’initiative s’ajoute aux efforts de la coopérative pour convertir l’ensemble de sa machinerie à la motorisation électrique.

Une vue de l’installation électrique du camion de livraison.

Une vue de l’installation électrique du camion de livraison.

Le camion de livraison de la Ferme coopérative Tourne-Sol ressemble à n’importe quel autre véhicule du genre. Un habitacle à deux places, une boîte fermée de 16 pieds de long avec une capacité de charge de 3 000 kilogrammes, enfin, tout pour assurer le transport des paniers de légumes biologiques de l’entreprise jusque chez les clients. Le véhicule passerait aisément sous le radar des curieux si ce n’était de ce qui se trouve sous son capot. Le moteur à essence a été remplacé par un ensemble de batteries par la firme spécialisée en conversion de véhicules Ecotuned, de Varennes. « C’est la plus grande fierté de la ferme en ce moment parce que depuis ce printemps, 100 % de notre production est livrée sans une seule goutte de pétrole », indique Reid Allaway, directeur des infrastructures et de la machinerie à la Ferme coopérative Tourne-Sol, située à Les Cèdres, en Montérégie.

Depuis ce printemps, le camion converti à l’électricité permet à la ferme  de livrer ses légumes biologiques sans utiliser une seule goutte de pétrole.

Depuis ce printemps, le camion converti à l’électricité permet à la ferme de livrer ses légumes biologiques sans utiliser une seule goutte de pétrole.

Le véhicule de livraison ne constitue qu’un exemple du virage électrique opéré par l’entreprise depuis le milieu des années 2010. Quatre machines se sont littéralement fait couper l’essence pour des batteries, jusqu’à présent, alors que cinq autres ont été mises à jour avec des technologies plus récentes. « Ce qui nous a donné un élan, c’est l’arrivée des voitures électriques sur les routes », explique Reid Allaway. « En 2010, les Chevrolet Volt ont commencé à circuler, et ensuite, des Nissan Leaf », poursuit-il. La hausse du nombre de ces voitures dotées de batteries au lithium s’est naturellement traduite par une augmentation de leur nombre dans les cours à recyclage. « Ça nous a donné accès à des batteries de bonne qualité, à un prix plus accessible », souligne celui qui ne jure désormais plus que par cette technologie pour les travaux de la ferme. Résultat : le nombre d’outils convertis à l’électricité croît de façon constante à la coopérative.

L’ancien tracteur Allis Chalmer G, converti à l’électricité en une fin de semaine. Sur la photo, Jenna Jacobs, de la  Ferme coopérative Aux champs qui chantent, à gauche, et Dominique Guay, de la Ferme Les hôtes épinettes, à droite.

L’ancien tracteur Allis Chalmer G, converti à l’électricité en une fin de semaine. Sur la photo, Jenna Jacobs, de la Ferme coopérative Aux champs qui chantent, à gauche, et Dominique Guay, de la Ferme Les hôtes épinettes, à droite.

Parmi les outils convertis, on trouve un tracteur-sarcleur à quatre roues; un ancien Hefty-G 1978 converti à l’électricité avec un moteur de chariot élévateur et des batteries tirées d’une automobile Chevrolet électrique.

Un tracteur-sarcleur à deux roues fait aussi partie de l’arsenal de la ferme. L’outil destiné au désherbage léger de précision provient d’un appareil fabriqué par la firme Planet Jr dans les années 1940 ou 1950. Dans ce cas, c’est avec un moteur de récureuse à plancher recyclé qu’il est propulsé. 

Ce motoculteur était auparavant propulsé avec un moteur à essence Honda GX340 de 11 forces.

Ce motoculteur était auparavant propulsé avec un moteur à essence Honda GX340 de 11 forces.

Responsable de la conversion d’équipements pour la Ferme Tourne-Sol, Reid Allaway donne également un coup de main à d’autres producteurs pour ce type d’opération. C’est de cette façon qu’il a contribué, en l’espace de deux jours en compagnie de Jenna Jacobs, l’hiver dernier, à la transformation d’un vieux tracteur Allis Chalmers G pour la Ferme Les hôtes épinettes. 

Le passage à l’électrique du plus vieux tracteur de la flotte de la Ferme Tourne-Sol devrait représenter le prochain projet du responsable des équipements de la coopérative. « C’est une belle machine qu’on aime beaucoup. J’ai mis la main sur un moteur approprié, mais il faudra que je réserve du temps et un budget pour ça parce que c’est quand même plus ambitieux », dit-il, confiant. « Ça se fait. Il y a un monsieur au Québec, Roland Bougie, qui a converti une douzaine de tracteurs, principalement avec des moteurs de chariots élévateurs. Il en a fait jusqu’à l’équivalent de 50 forces et ça se fait bien. C’est juste qu’il faut se donner le temps pour le faire comme il faut », conclut Reid Allaway, dont le budget reste une contrainte permanente. « J’essaie d’acheter le moins de composantes neuves possible étant donné que les batteries ne sont pas données, même dans les cours à scrap. »

Claude Fortin, collaboration spéciale


Cet article a été publié dans l’édition de novembre 2022 de notre magazine L’UtiliTerre, à lire ici.