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Changements climatiques : Des ravageurs venus d’ailleurs

L’été dernier, dans la région de Québec, un scarabée japonais a été attrapé. Jamais n’avait-on encore trouvé ce ravageur de petits fruits et de grandes cultures dans la région. Plus au sud, la punaise marbrée s’installe progressivement sur le territoire québécois. Cet insecte, qui a déjà anéanti des productions fruitières ailleurs dans le monde, s’en prend également au soya et au maïs.

Voilà seulement 2 des 84 espèces de ravageurs exotiques s’attaquant aux fruits que traque Annabelle Firlej, chercheuse à l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA). « L’hiver fait habituellement un bon ménage dans les populations d’insectes, explique la spécialiste, mais comme nos saisons sont de plus en plus chaudes, plusieurs espèces commencent à remonter vers le nord. » La menace vient aussi de l’arrivée de marchandises en provenance d’Europe et d’Asie, souligne Mme Firlej. « Les importations, c’est une vraie roulette russe », dit-elle.

Les hivers doux et les étés chauds font partie d’une série de facteurs devant être réunis pour qu’une espèce s’installe et devienne une réelle menace pour nos cultures. « Il faut également que la plante hôte de l’insecte soit présente sur le territoire », mentionne Mme Firlej. La présence ou l’absence de prédateurs aura aussi un rôle à jouer, selon elle.

500 pièges à insectes

Pour pister les insectes perçus comme les plus menaçants pour nos cultures, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a disposé environ 500 pièges sur le territoire québécois, suivant les déplacements de 19 espèces d’insectes.

Tout comme son homologue de l’IRDA, Julien Sanchez, chercheur au Centre de recherche sur les grains (CÉROM), profite de ce réseau de suivi pour comprendre comment les populations d’insectes se comportent d’année en année. Dans son cas, ce sont plus spécialement les ravageurs des grandes cultures qui l’intéressent.

En plus du scarabée japonais et de la punaise marbrée, il suit notamment la progression de la chenille légionnaire africaine et du ver gris occidental du haricot. Il y a en fait 17 espèces sous son radar.
« Plusieurs migrent à partir de l’Ontario et des États-Unis », explique le spécialiste, qui profite également d’un réseau nord– américain de collaborateurs pour anticiper d’où viendra la prochaine menace. « La légionnaire, par exemple, part du Texas et suit les vents dominants avant d’atterrir au Québec », ajoute-t-il. 

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