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Boucherville veut dézoner 210 hectares de la zone agricole

Tel que publié dans La Terre de chez nous

La Ville de Boucherville projette d’exclure 210 hectares de la zone agricole afin d’implanter un pôle agroalimentaire multifonctionnel à l’intersection des autoroutes 20 et 30.

C’est ce qu’a appris la Terre en lisant le procès-verbal du conseil d’agglomération de Longueuil du 20 mars dernier.

Le projet nécessiterait 530 hectares au total, dont 210 issus de la zone agricole et convertis à des fins industrielles et commerciales. Il comporte « un incubateur d’entreprises alimentaires, un marché de gros pour la distribution de commerces d’alimentation (restauration, hôtels), un centre de transport ainsi qu’un campus agricole regroupant des composantes de l’industrie agroalimentaire incluant la R et D [recherche et développement] et l’agrotourisme », peut-on lire.

La Ville de Boucherville a adopté, à l’unanimité, le 20 janvier dernier, une résolution visant un « projet de pôle agroalimentaire ». Elle demande à l’agglomération de Longueuil de prévoir, à son schéma d’aménagement actuellement en révision, la réalisation de projets reliés à l’agroalimentaire sur le territoire bouchervillois, même s’ils nécessitent l’expansion du périmètre urbain, à condition qu’ils ne diminuent pas la superficie cultivée.

Mais le projet semble mal parti. Le comité consultatif agricole de l’agglomération de Longueuil a en effet refusé de le recommander, à sa réunion du 12 décembre dernier. Et le promoteur, la société immobilière Maestri Terra, doit encore franchir d’autres étapes avant de pouvoir s’exécuter, dont celles de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) et du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

Pas agricole

Le comité consultatif agricole a jugé « qu’il ne s’agit pas d’un projet agricole et qu’il ne cadre pas avec le contenu d’un plan de développement de la zone agricole [PDZA] ». Ses membres ont en effet considéré que « ce projet ressemble plus à un centre de distribution » que l’on veut implanter sur les meilleures terres pour la grande culture. Le comité craint aussi qu’un tel dézonage alimente la spéculation et prive les agriculteurs d’exploiter les terres de l’agglomération. En outre, une telle exclusion va à l’encontre de la volonté de l’agglomération de Longueuil de hausser de 10 % la superficie des terres en culture sur son territoire.

« La qualité des sols en cause ne commande aucunement ce genre de projet dont les effets d’entraînement sont évidents », a commenté Pierre Caza, directeur de l’aménagement du territoire et du développement régional à la Fédération de l’UPA de la Montérégie. Tout comme le comité consultatif agricole, le comité chargé du PDZA de Longueuil a jugé que le projet ne se qualifiait pas pour développer la zone agricole, a-t-il précisé. Selon M. Caza, les promoteurs devraient plutôt tenter de redonner une nouvelle vocation aux importantes superficies de sols contaminés avant de toucher à la zone agricole. Et l’hypothèse avancée voulant que l’on pratique l’agriculture sur les toits des futures constructions érigées en zone verte ne remplacera jamais l’apport de terres agricoles d’une telle qualité, a-t-il noté.