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Aéroport de Mascouche : les opposants sur une bonne piste

Les nombreux opposants au projet de relocalisation de l’aéroport de Mascouche en zone agricole souhaitent explorer la piste juridique pour arriver à leurs fins.

« Le projet de Mascouche devrait faire l’objet d’un moratoire, le temps que les dossiers des aéroports de Neuville et de Pintendre connaissent leur aboutissement, au regard des compétences de la Commission de protection du territoire agricole du Québec [CPTAQ] », avance le président général de l’Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau.

Il souhaite en outre « une réflexion plus large » pour que tous comprennent, à Ottawa, qu’il est inacceptable qu’un tel projet ne puisse être bloqué au niveau provincial. « C’est inacceptable, parce que c’est de juridiction fédérale, que personne au Québec n’ait la possibilité d’empêcher ça. Il y a un trou dans la loi et il faut craindre que les municipalités vont s’en servir pour contourner la CPTAQ », a-t-il ajouté.

Et il aimerait voir Mascouche déménager son aéroport à Mirabel, qui possède les infrastructures requises pour accueillir les avions de plaisance et leurs pilotes, pour ainsi préserver ces terres agricoles parmi les meilleures au Québec.

Des appuis de taille

La mobilisation amorcée il y a quelques semaines prend de l’ampleur. Au point où les appuis se multiplient. Une dizaine d’organisations ont décidé de parler d’une seule voix pour dénoncer l’administration municipale de Mascouche. Parmi celles-ci, on trouve La Coop fédérée, l’Ordre des agronomes du Québec, l’Association des détaillants en alimentation et la Fondation David Suzuki.

« Ce que Mascouche tente de faire, souligne pour sa part Claude Marois, professeur titulaire au Département de géographie de l’Université de Montréal, c’est du grignotage des terres agricoles, lentement et sûrement, pour un simple aéroport de plaisance, faut-il le préciser. »

À ses côtés, Nicolas Lemieux, qui représente les citoyens mécontents de Mascouche, et Jean-Patrick Toussaint, chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki, se disent prêts à appuyer « à 200 % » ce mouvement de contestation dans l’espoir de faire fléchir le maire derrière le projet.

Précisons que le maire de la banlieue nord de Montréal, Guillaume Tremblay, a provoqué une levée de boucliers, au début de l’été, en exprimant le désir de déménager l’aéroport sur des terres agricoles pour créer un pôle industriel sur le site de l’aéroport actuel, en bordure de l’autoroute 640.

Une manif samedi

Samedi, une grande manifestation sur le thème « Pas d’aéroport en zone agricole » doit rassembler plus de 150 producteurs agricoles, dont quelques-uns monteront sur leur tracteur, et plus de 350 citoyens.

Tous dénoncent le projet, « qui va à l’encontre » du plan de développement de la zone agricole (PDZA) dans la MRC des Moulins. Un projet qui serait, aussi, « en contradiction » avec le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) de la grande région de Montréal.