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Photo : Archives/TCN

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3 M$ sur trois ans pour protéger les pollinisateurs

SALABERRY-DE-VALLEYFIELD – Le producteur maraîcher Alexandre Sauvé, propriétaire de la Ferme Hubert Sauvé à Salaberry-de-Valleyfield, en Montérégie, a ressenti « un petit stress » ce printemps quand l’apiculteur qui lui fournit habituellement une vingtaine de ruches pour polliniser ses champs de fraises et de framboises lui a annoncé qu’il avait un taux de mortalité d’abeilles trop élevé cette année pour pouvoir collaborer avec lui.

« J’ai été chanceux de trouver un autre apiculteur qui a pu me fournir des ruches, mais cette situation est très inquiétante. Les abeilles sont les meilleures pollinisatrices pour mes champs, alors je ne vois pas encore comment je pourrais m’en passer », confie le producteur, qui accueillait à sa ferme le 21 juin le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne. Ce dernier était de passage dans l’ouest de la Montérégie pour annoncer dès cette année une aide de 800 000 $ en soutien à des projets visant la protection des pollinisateurs en milieu agricole. Octroyée dans le cadre du Plan d’agriculture durable 2020-2030, l’enveloppe prévue atteindra un total de 3 M$ d’ici 2025.

Un appel de projets sera ouvert à tous les acteurs qui travaillent à la protection des pollinisateurs. Jennifer Crawford, directrice générale de l’Association des producteurs de fraises et framboises du Québec, signale que son organisation planche déjà sur un projet qui devrait être déposé prochainement. Même chose du côté des producteurs de canneberges, qui ont déjà amorcé un projet de recherche avec une équipe de chercheurs de l’Université McGill pour « améliorer la biodiversité dans la production de canneberge afin de créer un habitat plus accueillant pour les abeilles, dont les producteurs ont grand besoin », précise Monique Thomas, directrice générale de ­l’Association des producteurs de canneberges du Québec.

Pour être sélectionnés, les projets doivent correspondre aux quatre grandes orientations qui ont été déterminées par le gouvernement : l’amélioration et l’augmentation des habitats des pollinisateurs, la protection des pollinisateurs à l’exposition des pesticides, l’augmentation des connaissances sur les pollinisateurs au Québec et le développement d’outils pour favoriser la mise en œuvre du Plan d’agriculture durable. 

Accueil mitigé du côté des apiculteurs

Le président des Apiculteurs et apicultrices du Québec, Raphaël Vacher, accueille favorablement octroi de 3 M$ sur trois ans pour protéger les pollinisateurs. « C’est clair que cette aide aura un effet bénéfique sur les pollinisateurs à long terme, mais à court terme, ça ne répond pas à nos demandes. » Rappelons que son organisation avait demandé aux deux paliers gouvernementaux, le 18 mai, une aide d’urgence de 12 M$ pour aider les apiculteurs à faire face à des pertes historiques d’abeilles cette année. « Ce Plan [d’agriculture durable 2020-2030] était prévu depuis longtemps et l’appel de projets sera ouvert à toutes les spécialités », souligne-t-il.