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Pour les propriétaires de Camerises St-Philippe, Nancy Jacques et Denis Carrier, le lancement de leur gin Saisie 38 marque le couronnement de deux ans de travail. Photos : Denis Méthot

Pour les propriétaires de Camerises St-Philippe, Nancy Jacques et Denis Carrier, le lancement de leur gin Saisie 38 marque le couronnement de deux ans de travail. Photos : Denis Méthot

Un producteur laitier produit du gin de camerises

SAINT-ANSELME — À très exactement 9h38 le 12 septembre, Nancy Jacques et Denis Carrier, les propriétaires de Camerises St-Philippe, à Saint-Anselme dans Chaudière-Appalaches, ont ouvert leur kiosque et mis en vente leur gin fait à 100 % de camerises sur lequel ils travaillaient depuis deux ans. Ils ont écoulé la totalité de leur première production, soit près de 600 bouteilles de Saisie 38, en 2h20 à peine.

Pourquoi Saisie 38 et pourquoi 9h38? Parce qu’en 1938, des policiers ont saisi un alambic clandestin qui se trouvait sur les lieux mêmes de leur ferme! Quatre-vingt-deux ans plus tard, le couple opère à son tour un alambic et a repris la production d’alcool, mais de façon légale. D’ici la période des Fêtes, il compte produire de 1300 à 1400 bouteilles additionnelles et de 3000 à 4000 en 2021. En outre, il va aussi lancer en novembre ses deux premières variétés de vin rouge à base de camerises.

Malgré son investissement dans les camerises, Denis Carrier continue de se considérer d’abord comme un producteur laitier.

Malgré son investissement dans les camerises, Denis Carrier continue de se considérer d’abord comme un producteur laitier.

Les camerises, une alternative

Denis Carrier est producteur de lait depuis 32 ans. Il possède toujours un troupeau de 35 têtes et se décrit d’abord comme un producteur laitier. Mais il cherchait une culture alternative pour mieux exploiter les terres de sa vaste ferme du rang Saint-Philippe.

En 2014, il s’est lancé avec sa conjointe dans la culture de camerises. Ils ont planté 8 300 plants sur 11 acres. Depuis, ils cueillent pour leurs besoins de transformation et ont ouvert leur culture au grand public. L’affluence a été telle cet été qu’ils ont dû limiter l’autocueillette à trois semaines. En plus de vendre des produits maison, ils ont décidé de se lancer dans la transformation en gin même si, au départ, ils ne connaissaient rien en microdistillation. « Tout s’apprend », précisent-ils.

Des formations ont été suivies et des experts embauchés pour travailler avec eux dans leur centre de production qui dispose d’un alambic et de trois cuves de fermentation de 2 500 livres chacune.

Pourquoi du gin? « Parce que c’est la folie, mentionne Nancy Jacques. Pourquoi pas nous avec nos camerises? » Leur investissement s’est élevé à 500 000 $. Ils fabriquent eux-mêmes leur alcool (six litres par jour) à partir de leurs camerises et font de la macération jusqu’au produit final. 

Denis Méthot, collaboration spéciale