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Les inconvénients majeurs de la pandémie ne faisaient pas partie du plan d’affaires des agriculteurs René-Carl Martin et Isabelle Beauchemin lorsqu’ils ont investi près d’un million dans leur nouveau projet de vignoble. Photo : Martin Ménard/TCN

Les inconvénients majeurs de la pandémie ne faisaient pas partie du plan d’affaires des agriculteurs René-Carl Martin et Isabelle Beauchemin lorsqu’ils ont investi près d’un million dans leur nouveau projet de vignoble. Photo : Martin Ménard/TCN

Un démarrage miné par la pandémie

MONT-SAINT-HILAIRE – Isabelle Beauchemin et René-Carl Martin cultivent du grain sur 1 200 arpents, mais le couple songeait depuis quelques années à démarrer un projet de vignoble en bordure de l’autoroute 20 qui serait également le lieu de vente de plusieurs produits agricoles locaux. Ils ont lancé la construction du site au début de 2020 sans se douter que la pandémie et maintenant la zone rouge bousilleraient leur plan d’affaires!

« La pandémie a fait en sorte qu’on a eu d’importants retards de construction […], qu’il a fallu réaménager le bâtiment que l’on venait juste de construire […], et elle nous a empêchés de procéder à une ouverture officielle qui nous aurait fait connaître. Alors quand j’ai entendu le gouvernement dire qu’on était dorénavant en zone rouge et que les gens devaient rester chez eux, je me suis dit : ‘‘Woh ! ça commence ­vraiment à faire mal’’, dépeint Isabelle Beauchemin, qui cueillait le raisin de ses vignes au moment du passage de La Terre.

L’agricultrice précise qu’avec l’entrée en vigueur de la zone rouge, l’achalandage du vignoble a « complètement droppé ». Elle dit avoir vendu pour 125 $ en une journée alors que l’employé lui a coûté 150 $ en salaire. En pleine vendange, leur vignoble situé à Mont-Saint-Hilaire vivrait ­normalement son pic d’achalandage. « On a perdu une partie de la clientèle estivale à cause des délais de construction. Maintenant, c’est celle des vendanges qu’on perd avec la zone rouge. Ce n’est pas compliqué, on perd les mois les plus payants de l’année », résume René-Carl Martin.

Un plan marketing de 25 000 $ à l’eau

Les stratégies énumérées dans le plan marketing qu’ils avaient commandé au coût de 25 000 $ n’ont pas tenu le coup face à cet imprévu majeur. « On devait effectuer des dégustations hyper personnalisées, mais c’est l’inverse, ce sont plutôt des dégustations hyper distantes! Et pour un jeune vignoble comme nous, la clé pour vendre du vin, ce sont les dégustations », souligne M. Martin. Il précise qu’une autre stratégie consistait à se concentrer sur les événements d’affaires pour rentabiliser le vignoble de novembre à mars. « Mais il n’y a plus une entreprise qui voudra tenir des événements ou qui pourra le faire dans les prochains mois! Le corporatif, c’est fini », se désole M. Martin.

Ce dernier demeure toutefois positif, soulignant que les gens qui sont venus au vignoble ont adoré les produits et l’endroit. « Ce n’est que partie remise pour l’an prochain. Surtout que notre fille qui vient de finir l’école est aussi avec nous. C’est tellement un beau ­projet », assure-t-il.