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La deuxième vice-présidente de la l’Union des producteurs agricoles, Stéphanie Levasseur, le président de la Fédération de l’UPA d’Abitibi-Témiscamingue, Pascal Rheault, et la présidente du Syndicat de la relève agricole de l’Abitibi-Témiscamingue, Meghan Jarry. Photo : Émilie Parent-Bouchard

La deuxième vice-présidente de la l’Union des producteurs agricoles, Stéphanie Levasseur, le président de la Fédération de l’UPA d’Abitibi-Témiscamingue, Pascal Rheault, et la présidente du Syndicat de la relève agricole de l’Abitibi-Témiscamingue, Meghan Jarry. Photo : Émilie Parent-Bouchard

Un coup de main réclamé pour traverser la crise

ROUYN-NORANDA — La Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de l’Abitibi-Témiscamingue veut augmenter la pression sur les gouvernements pour aider les agriculteurs à traverser la crise inflationniste actuelle, notamment en lien avec la hausse du coût des intrants et des taux d’intérêt. Une résolution extraordinaire en ce sens a été adoptée à l’unanimité lors de son assemblée générale annuelle tenue le 1er novembre à Rouyn-Noranda. 

Ce sont les producteurs du Témiscamingue qui ont pris l’initiative de demander aux membres de se prononcer sur la question. Ils font valoir que la hausse des taux d’intérêt frappe les producteurs « de plein fouet » et que l’augmentation du prix des aliments ne permet pas de compenser celle des prix du diesel, des semences, des engrais et des autres intrants de la ferme.  

Le président de la fédération régionale, Pascal Rheault, souligne que dans le contexte où l’endettement des fermes de la région a doublé au cours des dix dernières années, il y a une « limite à la résilience ». Il note qu’aucune filière agricole n’est épargnée. 

« C’est un problème qui ne peut pas durer pendant des années. Surtout qu’ici, les marges de profits sont minces. Il faut être extrêmement performant pour tirer son épingle du jeu à cause des distances et du climat. Les producteurs de bovins, c’est au niveau du diesel et ceux de grains, du transport. Pour envoyer [ton blé] à l’extérieur, ça coûte 50 % plus cher. Tous les intrants et les engrais ont extrêmement augmenté. Pour les producteurs en serres, souvent, ce sont les cassettes de plastique qui coûtent plus cher », énumère-t-il. 

La relève mise à l’épreuve 

Selon la présidente du syndicat régional de la relève agricole et productrice laitière Meghan Jarry, la situation met particulièrement en péril les nouvelles entreprises. Elle rappelle que les 134 nouvelles fermes créées dans la région au cours des trois dernières années seront les premières à payer le prix si rien n’est fait pour leur donner un peu d’air frais.

« On a moins de liquidités, on a moins d’équités dans nos fermes. Notre historique est moins grand et souvent, la relève agricole, tous les revenus qu’elle va faire, elle va les réinjecter dans l’entreprise pour faire des investissements. Là, ce qui se passe, c’est qu’on se fait couper l’herbe sous les pieds, fait-elle valoir. Tout l’argent qu’on aurait pu utiliser pour investir dans nos entreprises, il va servir à juste payer nos factures et à essayer de garder la tête hors de l’eau. »

La résolution extraordinaire adoptée à l’unanimité par les producteurs de l’Abitibi-Témiscamingue sera soumise à l’assemblée du 98e Congrès général de l’UPA, qui se déroulera à Québec les 29 et 30 novembre. 

« On espère que notre résolution va faire du chemin. Ailleurs, on dirait que ça n’a pas soulevé les passions. Mais je pense que ça va venir. Souvent, nous, on est le canari dans la mine, donc on lève un drapeau, et je pense que les autres vont suivre parce que c’est vraiment important », conclut Pascal Rheault.