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Même si Stéphanie Ross enseigne la production animale à distance, la portion pratique s’effectue directement à la ferme de ses élèves. Photo : Gracieuseté de Stéphanie Ross

Même si Stéphanie Ross enseigne la production animale à distance, la portion pratique s’effectue directement à la ferme de ses élèves. Photo : Gracieuseté de Stéphanie Ross

Quand les profs se déplacent à la ferme

Afin de s’adapter à la réalité des agriculteurs qui ne peuvent quitter la ferme pour se rendre sur les bancs d’école, deux centres de formation offrent des cours à distance où ce sont les professeurs qui se déplacent.

« On [a commencé le 25 janvier] avec un groupe de 14 candidats. On fait deux semaines de formation par vidéoconférence. Si les élèves ne peuvent y assister en direct, tout est enregistré pour qu’ils puissent l’écouter en différé. La troisième semaine, c’est nous qui nous déplaçons à la ferme de nos élèves pour enseigner la portion pratique. Ce sont des cycles comme ça de trois semaines », explique Stéphanie Ross, enseignante au programme de production animale du Centre de formation professionnelle Mont-Joli-Métis, au Bas-Saint-Laurent.

Elle dit que son groupe d’étudiants est composé de fils de producteurs agricoles, d’employés de ferme qui y travaillent à temps plein ou de femmes qui veulent une formation en agriculture pour ensuite quitter leur autre travail et se consacrer à la ferme familiale. « Ce sont des gens qui ne veulent pas s’absenter à temps plein pour suivre une formation », spécifie-t-elle.

Le personnel enseignant a beaucoup de territoire à couvrir pour se rendre dans les fermes. La formation pratique dure quelques heures, mais elle est essentielle, dit Mme Ross. « On regarde ce que les étudiants font dans leur ferme en lien avec leur formation et s’ils le font bien. Comme la traite; ce n’est pas parce que quelqu’un fait comme son père que c’est la bonne technique », explique celle qui est elle-même agricultrice.

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Stéphanie Ross précise que la pandémie force plusieurs personnes à demeurer à la maison, ce qui contribue à la popularité des formations à distance.

Même son de cloche en Chaudière-Appalaches, où le directeur du Centre de formation agricole de Saint-Anselme, Bruno Cantin, accueille 12 nouveaux étudiants pour sa formation en production animale. « Ici, on offre une formation à distance individualisée depuis plusieurs années. Et ça fonctionne très bien. Chaque étudiant reçoit un ordinateur et a accès 24 h sur 24 au contenu de notre plateforme. On voit à distance le temps qu’il consacre réellement à ses cours. Un élève plus rapide peut sortir plus vite de la formation », indique M. Cantin.

Les professeurs se déplacent à la ferme de chaque étudiant afin d’évaluer l’acquisition de leurs connaissances. Le directeur souligne toutefois que la formation à distance est « un autre monde », comparativement à une formation en classe. « C’est plus difficile pour certains. Ça prend de la discipline et de l’autonomie », assure-t-il.