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L’aérodrome de Saint-Roch-de-l’Achigan suscite la grogne

SAINT-ROCH-DE-L’ACHIGAN — L’aéroport de Mascouche, fermé depuis novembre 2016, pourrait finalement être relocalisé à Saint-Roch-de-l’Achigan, en zone agricole. Si le projet suscite la grogne des citoyens et des producteurs de la région, le seul agriculteur affecté, Benoit Beaulieu, n’y voit aucun inconvénient.

« Je sais que parce que c’est un aérodrome, tout le monde n’est pas content, mais il faut qu’il y en ait quelque part des aérodromes. […] C’est à côté d’un parc industriel. Je trouve que c’est la meilleure place qu’il n’y a pas », a-t-il indiqué à La Terre, d’autant plus que la présence de roches sur sa terre maraîchère d’une centaine d’acres en a réduit le potentiel cultivable, selon lui.

Dans le sous-sol de l’église Saint-Roch-de-l’Achigan, les citoyens et agriculteurs réunis le 20 juin à l’occasion d’une séance d’information organisée par le promoteur n’étaient pas de cet avis. Ils étaient même farouchement opposés au projet et l’ont exprimé haut et fort pendant plus de deux heures.

Le président de l’Aérodrome Saint-Roch-de-l’Achigan, Yvan Albert, n’en a pas été surpris. « On ne veut pas qu’on aménage un aérodrome dans un milieu urbain pour des raisons de sécurité, on ne peut pas le faire en milieu maritime, en milieu boisé, en milieu humide, sur des terres agricoles, alors qu’est-ce qui reste comme espace? Il n’en reste pas. Alors à un moment donné, il faut faire des choix de société et l’aviation au Canada est quand même un enjeu important », a expliqué le promoteur. Rappelons qu’en 2016, le gouvernement fédéral avait donné son aval à ce même promoteur pour relocaliser sur un autre site de la municipalité l’aéroport de Mascouche, après que celui-ci eut cédé sa place à un parc industriel. Les travaux de déboisement ont dû être interrompus et celui-ci a reçu en mai dernier, dans une entente hors cour, 3,1 M$ de la municipalité pour s’installer ailleurs.

Le promoteur a fait l’acquisition d’une terre de près de 100 acres.

Le projet a donc déménagé dans une municipalité voisine. L’offre faite au producteur de Saint-Roch-de-l’Achigan a été signée devant notaire la semaine du 17 juin, marquant ainsi la première étape vers la concrétisation du projet. Si Transports Canada donne son aval au terme de la période de consultation, les travaux pourraient commencer dès le 9 septembre.

Loi sur l’aéronautique

Dans sa forme actuelle, la loi fédérale sur l’aéronautique a préséance sur la législation provinciale et municipale, ce qui permet à un projet d’aérodrome comme celui-ci d’être implanté n’importe où sur le territoire, même en zone agricole. « La réalité, c’est que la Commission de protection du territoire agricole, le gouvernement du Québec et la municipalité ne peuvent légalement rien faire. J’ai vu des [municipalités] perdre en Cour suprême et c’est une juridiction fédérale. Alors c’est certain qu’on va faire des représentations à qui de droit », a expliqué à La Terre le maire de Saint-Roch-de-l’Achigan, Yves Prud’homme. Une demande de rencontre avec le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a été formulée à cet effet.

La vétusté de cette loi a aussi été déplorée par le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, et celui de la Fédération de l’UPA de Lanaudière, Marcel Papin, dans une lettre envoyée au premier ministre Justin Trudeau le 19 juin. Ils demandent au ministre des Transports du Canada de ne pas donner son aval au projet, arguant que plusieurs autres endroits peuvent l’accueillir.

Le président de l’Aérodrome Saint-Roch-de-l’Achigan, Yvan Albert, n’a pas été surpris de l’opposition.