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Des cas de plagiat et de changements de notes d’étudiants sont dénoncés par des professeurs à l’Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière, au Bas-Saint-Laurent. Photo: Archives/TCN

Des cas de plagiat et de changements de notes d’étudiants sont dénoncés par des professeurs à l’Institut de technologie agroalimentaire de La Pocatière, au Bas-Saint-Laurent. Photo: Archives/TCN

La direction de l’ITA de La Pocatière accusée d’ingérence dans l’évaluation des élèves

LA POCATIÈRE — Des professeurs de l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA), campus de La Pocatière, accusent la direction d’être intervenue pour faire changer les notes d’étudiants en situation d’échec et d’avoir passé l’éponge sur des cas de plagiat afin de gonfler le taux de diplomation de l’établissement.

Le président du Syndicat des professeurs de l’État du Québec (SPEQ), Jean Vallières, et la représentante des professeurs de l’ITA au conseil exécutif du SPEQ, Marie-Christine Lalande, ont fait parvenir une lettre ouverte aux médias pour dénoncer cette situation.

En entrevue avec La Terre, Mme Lalande cite entre autres le cas d’un étudiant à qui un professeur avait donné deux fois la note zéro pour des plagiats répétés. « La direction a effacé l’un des deux plagiats, ce qui a permis à cet étudiant d’éviter d’échouer son cours », explique l’enseignante. Deux plagiats provoquent automatiquement un échec. Elle mentionne qu’une plainte à la direction adjointe des affaires étudiantes a déjà été déposée en lien avec d’autres interventions.

Le directeur de l’établissement, Sylvain Gingras, répond ne s’être jamais ingéré dans l’évaluation des étudiants. « Le régime pédagogique prévoit des mécanismes pour l’analyse des plaintes et ils sont respectés », précise-t-il.

Invoquant la tradition d’excellence de l’établissement, il affirme en outre que le plagiat n’est toléré d’aucune façon à l’ITA et que la diplomation à rabais n’a jamais été une option. « Personne n’a reçu sa promotion s’il ne la méritait pas », affirme-t-il.

Le directeur parle d’un taux de diplomation de 60 à 65 %, ce qui lui apparaît supérieur à la moyenne des institutions comparables. « On procède à environ 20 000 évaluations par année. Qu’il y en ait quelques-unes qui fassent l’objet de litiges démontre l’excellent travail fait par les étudiants et le personnel », poursuit le directeur.

Pour éviter que la situation se répète, les représentants syndicaux demandent au ministère de l’Agriculture, dont relève l’ITA, de prendre immédiatement les mesures nécessaires à l’application des politiques et des directives qui régissent l’évaluation des apprentissages et l’élimination du plagiat.