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La situation socioéconomique d’une région influence les décisions de la CPTAQ d’accepter ou non un projet non agricole en zone agricole. Dans ce cas-ci, l’aire de camping de la Ferme du castor gras, au Bas-Saint-Laurent, devra être située dans un secteur avec un potentiel agricole plus restreint. Photo : Gracieuseté de Frédéric Moisan Wilson

La situation socioéconomique d’une région influence les décisions de la CPTAQ d’accepter ou non un projet non agricole en zone agricole. Dans ce cas-ci, l’aire de camping de la Ferme du castor gras, au Bas-Saint-Laurent, devra être située dans un secteur avec un potentiel agricole plus restreint. Photo : Gracieuseté de Frédéric Moisan Wilson

La CPTAQ accepte la création d’un camping dans une ferme

Frédéric Moisan Wilson a poussé un cri de joie en recevant l’autorisation d’aménager 15 terrains de camping et un chalet sur sa terre agricole située tout près de Trois-Pistoles, au Bas-Saint-Laurent. « C’est le projet d’une vie. Je me disais : “Ça passe ou ça casse”. Alors, quand j’ai reçu la lettre d’acceptation, je n’avais pas de mots. Et je sais qu’en autorisant mon projet, la CPTAQ crée un précédent », raconte M. Moisan Wilson.

Il est rare que la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) donne son aval à un usage d’hébergement sur une terre agricole. Dans ce cas-ci, l’organisme s’est laissé convaincre par l’impact économique positif du projet. Celui-ci permettra de diversifier les revenus de la ferme et  « sera du même coup bénéfique pour l’économie locale dans ce milieu en dévitalisation », écrit la CPTAQ dans sa décision.

Un projet particulier   

L’agriculteur Frédéric Moisan Wilson veut partager ses connaissances avec les campeurs qui séjourneront sur sa terre. Photo : Gracieuseté de Frédéric Moisan Wilson

L’agriculteur Frédéric Moisan Wilson veut partager ses connaissances avec les campeurs qui séjourneront sur sa terre. Photo : Gracieuseté de Frédéric Moisan Wilson

La création du camping et de l’écogîte à la ferme maraîchère de Frédéric Moisan Wilson se veut une façon de proposer aux touristes une immersion à la ferme. « Les familles vont venir passer une fin de semaine ici et absorber l’information qu’ils veulent. Ils pourront mettre les mains dans la terre et participer aux cultures, avoir des trucs sur l’élevage de poules, sur la production du verger, etc. Toutes mes pratiques sont à petite échelle, alors ils pourront répliquer dans leur cour ce qu’on fait ici », dit celui qui consacre beaucoup d’énergie à son projet.

Au moment de l’entrevue, le propriétaire de la Ferme du castor gras travaillait à l’aménagement du sous-bois où seront situés les emplacements de camping. Sans eau ni électricité, les campeurs disposeront tout de même d’un bloc sanitaire. « Ce sera un endroit très cool où les gens se rassembleront », prévoit le propriétaire de la terre de
23 hectares. On y trouvera également un petit bistro qui servira notamment des repas issus de produits de la ferme. Un kiosque permettra la vente du fruit des récoltes.

Avec un taux d’occupation à 60 %, le camping et le chalet devraient entraîner des revenus de 30 000 $, sans compter que leur achalandage augmentera les ventes du kiosque.

Des conditions à respecter

Frédéric Moisan Wilson sait toutefois qu’il devra respecter les conditions de la CPTAQ à la lettre, car l’autorisation lui est consentie pour une durée de cinq ans. Il n’aura pas le droit de construire d’infrastructures permanentes pour ses lieux d’hébergement. Le chalet sera donc installé sur des blocs. L’aire de camping devra être située dans un secteur avec un potentiel agricole plus restreint.

Dans cinq ans, s’il veut demander l’autorisation de poursuivre son projet, il devra faire la preuve que des activités de production agricole principales ont réellement été exercées et « que l’utilisation à une fin autre que l’agriculture a été accessoire aux activités agricoles », dicte la commission.