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Après avoir passé sept ans dans les cartons, le projet d’usine d’urée de la Coop à Bécancour est définitivement abandonné. Photo : ProjetBécancour.ag

Après avoir passé sept ans dans les cartons, le projet d’usine d’urée de la Coop à Bécancour est définitivement abandonné. Photo : ProjetBécancour.ag

La Coop tire le rideau sur l’usine d’urée à Bécancour

Sept ans et deux relances plus tard, La Coop fédérée et ses partenaires abandonnent définitivement leur projet d’usine d’urée à Bécancour.

Estimée à 1,3 G$, l’usine devait fournir de l’urée aux agriculteurs du Québec et de l’est du pays, qui dépendent actuellement des importations pour leurs approvisionnements en engrais azoté.

Les promoteurs justifient « cette difficile décision » par l’impossibilité de réaliser l’approche de construction prévue, qui visait à obtenir un prix ferme pour l’ingénierie, l’approvisionnement et la construction. « Malgré une démarche d’appel d’offres dans les règles de l’art, les résultats n’auront pas permis d’en arriver à une option viable pour le projet », explique Benoît Bessette, porte-parole du consortium ProjetBécancour.ag, dont fait partie la Coop.

La construction de l’usine n’avait pas encore débuté. « On se préparait pour les audiences du BAPE [Bureau d’audiences publiques sur l’environnement] », précise son confrère Yvan Martin.

Au cours des sept dernières années, les actionnaires ont injecté plusieurs dizaines de millions de dollars dans l’aventure. Pour sa part, Investissement Québec y laisse une quinzaine de millions.

Un historique mouvementé

L’origine du projet remonte à 2012 alors que La Coop fédérée et l’Indian Farmers Fertiliser Cooperative (IFFCO), l’une des plus grandes coopératives d’engrais dans le monde, se sont réunies pour fonder la coentreprise IFFCO Canada dans le but de construire une usine d’urée dans le parc industriel de Bécancour. À l’époque, le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) avait donné son aval au chantier et l’exploitation devait débuter en 2017.

En décembre 2014, la Coop et son partenaire indien ont décidé de mettre le projet sur la glace. Les actionnaires parlaient « d’un repli stratégique nécessaire » par crainte de dépassement des coûts.

En juin 2015, les travaux ont repris de plus belle avant d’être de nouveau mis en veilleuse six mois plus tard en raison des conditions économiques défavorables et de la déprime des cours mondiaux de l’urée.

Puis, en décembre 2017, l’arrivée d’un nouveau partenaire, Développement Nauticol Québec, a permis la relance sous la forme de consortium ProjetBécancour.ag.

Ce concept bonifié devait assurer un redémarrage sur des bases plus solides en combinant la production de deux éléments (urée et méthanol) ayant des cycles économiques complémentaires. De plus, cette intégration permettait de récupérer une partie des émissions de gaz à effet de serre de l’usine de méthanol pour produire de l’urée.

Avec une production de 663 000 tonnes d’urée, l’usine de Bécancour aurait contribué à la prospérité des familles agricoles québécoises en sécurisant les approvisionnements d’engrais azoté dans les délais requis, compte tenu de la courte saison de culture au Québec, affirmait l’entreprise. À l’heure actuelle, plus de 350 000 tonnes d’urée sont importées pour répondre aux besoins des agriculteurs de la province. La mise en production de l’usine était prévue vers la fin de 2022 et celle-ci devait créer jusqu’à 200 emplois directs.

En octobre 2019, La Coop fédérée, Investissement Québec, IFFCO et Développement Nauticol Québec enterrent définitivement le projet pour des raisons économiques, même si la demande pour un approvisionnement local en urée demeure, estiment les promoteurs.