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Extincteurs : gare aux fraudes !

Des producteurs agricoles de plusieurs régions ont été victimes d’escroqueries pouvant atteindre des centaines de dollars commises par des individus qui prétendent vouloir effectuer l’entretien de leurs extincteurs chimiques.

Ainsi, à Sainte-Clotilde-de-Horton, près de Drummondville, Mélanie Vincent a payé plus de 300 $ pour ce travail et a plus tard constaté que ses extincteurs avaient été rendus inutilisables.

Mme Vincent garde comme preuve la facture remise par le représentant de l’entreprise, dont les bureaux seraient situés à Dorval. La Terre a réalisé qu’à l’adresse apparaissant sur cette facture, les locaux étaient occupés par une autre firme, spécialisée dans la fabrication de tables sur mesure. Il n’y a pas non plus de service au numéro de téléphone indiqué et la compagnie n’est pas immatriculée au Registraire des entreprises du Québec.

Il n’y a aucune trace de l’entreprise à l’adresse de Dorval indiquée sur le reçu fourni à La Terre par la productrice de lait Mélanie Vincent. Crédit photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Il n’y a aucune trace de l’entreprise à l’adresse de Dorval indiquée sur le reçu fourni à La Terre par la productrice de lait Mélanie Vincent. Crédit photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Cas similaires

En lançant une mise en garde sur les réseaux sociaux, Mme Vincent s’est rendu compte que son cas était loin d’être unique. Plusieurs victimes de différentes régions se sont exprimées, certaines affirmant s’être fait dérober leurs extincteurs et avoir évidemment perdu leur argent. L’une d’elles dit avoir subi une perte de 1 200 $.

Le directeur technique de la division des extincteurs chez Protection incendie MCI, Pierre Iannuzzi, n’est nullement surpris. « Ces entreprises-là fonctionnent sous un nom pendant quelques mois, puis le changent parce qu’elles savent qu’elles ne sont pas légales et [les fraudeurs] sont durs à retrouver », dit-il.

Si les cas de fraude se répètent, c’est par manque d’encadrement de la profession, assure M. Iannuzzi, car aucun permis n’est nécessaire au démarrage d’une nouvelle entreprise d’extincteurs au Québec. Le directeur rêve du jour où le Québec se dotera, comme l’Ontario, de commissaires des incendies, qui sont responsables entre autres des inspections.

« Il y a beaucoup d’ignorance dans ce domaine », affirme pour sa part André Leblanc, de la firme Protecflame, une compagnie de la région de Québec. Il déplore l’impact négatif de ces méfaits sur les entreprises qui travaillent consciencieusement. Sur le site Internet de Protecflame, on illustre dans une vidéo les étapes d’entretien d’un extincteur.

Porter plainte

Peu de plaintes pour ce genre de méfait sont cependant formulées à la Sûreté du Québec, qui encourage les gens à dénoncer les escrocs. « C’est important de dénoncer de tels gestes, même si le montant n’est pas toujours élevé, indique la sergente Éloïse Cossette, responsable des communications au poste de la Sûreté du Québec de la Mauricie-Lanaudière. Si le geste est répété à plusieurs reprises, les sommes en jeu peuvent s’avérer importantes. » La policière rappelle également que ce type de fraude n’est pas propre au milieu agricole puisqu’il a aussi été relevé en ville. 

Vérifiez le permis de vente itinérante

Un représentant se pointe à la ferme pour vous vendre ses produits? Selon l’Office de la protection du consommateur, si le montant de la vente est supérieur à 25 $, le vendeur est dans l’obligation de posséder un permis de vente itinérante.

« Le permis n’atteste pas l’honnêteté du vendeur, pas plus qu’il ne témoigne de la qualité de son produit ou de ses services. Il signifie uniquement que le commerçant a déposé un cautionnement à l’Office », lit-on sur le site Web de l’organisme gouvernemental.

Avec la collaboration de Myriam Laplante El Haïli