fbpx
La congrégation religieuse est redevenue propriétaire de l’immense domaine le 18 décembre. Photo : Archives/TCN

La congrégation religieuse est redevenue propriétaire de l’immense domaine le 18 décembre. Photo : Archives/TCN

Du mentorat offert aux Sœurs de la Charité

Pour favoriser le maintien de la vocation agricole de leurs 200 hectares de terres situées à Beauport, les Sœurs de la Charité pourront compter sur l’aide de l’UPA de Québec, Jacques-Cartier. Le syndicat local, qui se réjouit de l’abandon du projet de miniville lancé en 2014 par le promoteur Michel Dallaire, leur offrira du mentorat.

« On n’a pas encore eu notre conseil d’administration pour en discuter et savoir comment et quand on va procéder, précise toutefois le président de cette section locale de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Gabriel Lalancette. Présentement, les terres sont cultivées et on ne connaît pas les besoins des Sœurs, mais on sait qu’elles veulent disposer de leur bien. On pourrait leur servir de mentor et mettre à jour leurs connaissances agronomiques. »

Gabriel Lalancette

Gabriel Lalancette

La congrégation religieuse est redevenue propriétaire de l’immense domaine le 18 décembre, tout juste avant la période des Fêtes et alors qu’elle faisait face à une éclosion de COVID-19. Rappelons que la société en commandite créée par M. Dallaire prévoyait, à terme, la construction de 6 500 unités d’habitation. Tous les profits réalisés par ces ventes devaient être versés à des œuvres caritatives.

Au fil des ans, les obstacles qui se dressaient sur la route du promoteur se sont multipliés. L’opposition citoyenne ne ­cessait de s’accroître et le gouvernement du Québec s’est opposé à l’intégration des terres au schéma d’aménagement et de développement de l’agglomération de Québec. L’obtention d’un dézonage qui aurait permis le lotissement du secteur représentait donc un défi majeur, impossible à relever dans un délai acceptable pour M. Dallaire.

Nouvelle démarche de réflexion

L’exercice de réflexion des Sœurs de la Charité quant au sort réservé à l’espace cultivable cédé pour la somme de 40 M$ il y a sept ans doit reprendre sous peu.

La communauté religieuse confirme qu’elle s’accordera tout le temps nécessaire pour étudier les avenues possibles. Le conseiller spécial de la congrégation, Jean M. Gagné, rappelle que la Ville de Québec privilégie les initiatives qui adhèrent aux principes d’agriculture urbaine et de développement durable. « Il s’agit d’un terrain qui est très vaste – plus grand que les plaines d’Abraham – et il y a de la place pour faire bien des choses, se limite-t-il à dire. Mais ce qu’il faudra, c’est de soumettre d’abord nos projets à la Commission de protection du territoire agricole. »

M. Gagné prend par ailleurs acte de la proposition d’appui de l’UPA et assure qu’il se mettra « à l’écoute des choses que les gens ont à dire ».  

« C’est dur de concevoir que ces terres-là pourraient être perdues. Leur meilleur usage, ce sont clairement les grandes cultures et pour les dix années à venir, on encouragerait [les religieuses] à continuer là-dedans », réagit M. Lalancette. Celui-ci note que l’absence d’irrigation et la difficulté à diviser le lot en petites parcelles rendraient compliqué, selon lui, un projet d’incubateur pour la relève agricole.