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Neuf personnes feront leur entrée dans l’équipe de la station de recherche d’ici le printemps. Crédit photo : Photos : Émélie Rivard-Boudreau

Neuf personnes feront leur entrée dans l’équipe de la station de recherche d’ici le printemps. Crédit photo : Photos : Émélie Rivard-Boudreau

De nouvelles orientations pour la recherche en Abitibi-Témiscamingue

NOTRE-DAME-DU-NORD — L’Unité de recherche et de développement en agroalimentaire de l’Abitibi–Témiscamingue (URDAAT) est en pleine transformation. Alors qu’elle s’était concentrée pendant plusieurs années sur des projets de recherche sur les fourrages et la production bovine en terres nordiques, elle étudiera désormais davantage les propriétés des sols. 

Hiba Benmohammed, étudiante à la maîtrise, analyse méticuleusement des racines dans le laboratoire de l’Unité de recherche.

Hiba Benmohammed, étudiante à la maîtrise, analyse méticuleusement des racines dans le laboratoire de l’Unité de recherche.

La venue de Vincent Poirier, le professeur qui dirige les projets de la station de recherche de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), apporte un vent de fraîcheur. Celui qui est originaire de Québec est arrivé à Notre-Dame-du-Nord il y a an. C’est un spécialiste des sols, particulièrement en ce qui concerne leur capacité à stocker le carbone, une expertise qui est véritablement dans l’air du temps. « Les changements climatiques, la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, c’est ma thématique de recherche et ça l’a toujours été. Il y a également un regain sur l’importance de la santé des sols en agriculture. Ça apparaît beaucoup aussi dans les programmes de subventions du ministère québécois de l’Agriculture », constate le chercheur.

Nouvelle équipe

Si les Témiscamiens se moquent parfois du stationnement vide de la station de recherche, la situation changera prochainement. Neuf personnes feront leur entrée dans l’équipe d’ici le printemps : cinq étudiants, deux stagiaires, un chimiste et un professeur. D’ailleurs, M. Poirier reçoit beaucoup de propositions pour admettre des étudiants. « Je pensais avoir de la difficulté à recruter, mais au contraire j’ai déjà une liste. Si j’avais l’argent, je pourrais accueillir 10 personnes demain matin », précise-t-il. Parmi les recherches en cours, on retrouve celle de l’étudiante à la
maîtrise Hiba Benmohamed. À partir d’analyses de sol du champ de la ferme expérimentale fédérale de Normandin au Saguenay–Lac-Saint-Jean, elle tente de comprendre l’incidence qu’ont les mélanges fourragers et la gestion des animaux au pâturage sur le stockage du carbone et la biomasse racinaire. Pour M. Poirier, les résultats sont prometteurs. « Notre hypothèse, explique-t-il, c’est que la paissance en rotation va favoriser le développement de systèmes racinaires plus importants. Ça va affecter la composition chimique du sol et se traduire par des effets positifs sur son fonctionnement. »  

Quel héritage des anciennes recherches?

Contrairement aux orientations prises dans les dernières années avec la commercialisation du bœuf à l’herbe Vitalipré, la production bovine est pratiquement disparue des cartons de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. À cet effet, le professeur Vincent Poirier refuse de dire que les recherches passées sont restées vaines. « Je ne pense pas qu’on ait mal visé à l’époque, non plus qu’on abandonne ce qui a été fait avant, considère-t-il. L’expertise acquise sur les plantes fourragères, elle demeure. Quelqu’un va entrer en poste et exploiter ce créneau-là, mais sous un axe différent. »

L’Unité de recherche et de développement en agroalimentaire de -l’Abitibi-Témiscamingue fait d’ailleurs appel à son ancienne directrice -scientifique, Carole Lafrenière, pour mettre en place une équipe de recherche en sol-plantes fourragères et travailler sur un projet qui a pour but d’analyser la qualité de l’ensilage et les meilleures pratiques de gestion qui existent dans différentes régions au Canada.