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Les arbres plantés en 2013 à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot ont permis de protéger des cultures d’aubergines africaines lors d’un refroidissement soudain des températures. Photo : Gracieuseté de la Ville de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot

Les arbres plantés en 2013 à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot ont permis de protéger des cultures d’aubergines africaines lors d’un refroidissement soudain des températures. Photo : Gracieuseté de la Ville de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot

De l’agroforesterie expérimentale en banlieue de Montréal

Que faire de terres agricoles non cultivées situées à deux pas de Montréal? La Ville de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot en Montérégie, qui est propriétaire de plusieurs hectares de ces terres, a choisi de les offrir à la science en y déployant un projet d’agroforesterie. Deux producteurs agricoles participent à l’expérience depuis le printemps.

En 2013, 500 arbres ont été plantés sur le site pour développer « une parcelle exemplaire qui pourra documenter l’impact d’une présence accrue d’arbres sur les cultures », explique Jacinthe Roberge, responsable du développement et des relations avec le milieu à la Ville.

Récemment, deux producteurs ont été sélectionnés et ont lancé leur exploitation respective au début de la saison 2020. La première entreprise, AgriTropiQ, pratique la culture de légumes africains, alors que la seconde, celle de Mathieu Robert, se spécialise en grandes cultures. Les deux exploitations ont conclu une entente et des baux avec la Ville pour les 25 prochaines années. 

Des effets positifs

Plusieurs éléments comme l’irrigation du sol, le ruissellement de l’eau, la biodiversité,  la protection contre la radiation du soleil, l’érosion et le vent seront mesurés dans les prochaines années par des équipes de ­l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, qui sont partenaires du projet. « C’est une belle façon pour la Ville de faciliter le démarrage de nouvelles entreprises tout en développant un modèle qui pourra être imité ailleurs », soulève Mme Roberge.

Il faudra toutefois attendre encore quelque temps avant de pouvoir confirmer les effets positifs des différentes essences d’arbres plantés en bandes intercalaires sur ces cultures, prévient Alain Cogliastro, chercheur associé à l’IRBV. « D’abord parce que les arbres n’ont pas encore atteint leur pleine maturité, ensuite parce les deux entreprises viennent tout juste de commencer à exploiter leurs cultures », explique-t-il.

De son côté, Papy Bulembi, cofondateur de l’entreprise AgriTropiQ, constate déjà un effet bénéfique des arbres sur ses légumes. « Lors d’un épisode de refroidissement soudain des températures pendant une nuit, les aubergines africaines plantées plus près des arbres ont été mieux protégées que les légumes qui en étaient éloignés », rapporte-t-il.