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Mélanie Rivard, de la Ferme la Poul-a-ries, a été l’unique bénéficiaire du programme jusqu’à présent. Son conjoint Adam Bergeron St-Pierre l’accompagne dans son projet. Photo : Gracieuseté de la Ferme la Poul-a-ries

Mélanie Rivard, de la Ferme la Poul-a-ries, a été l’unique bénéficiaire du programme jusqu’à présent. Son conjoint Adam Bergeron St-Pierre l’accompagne dans son projet. Photo : Gracieuseté de la Ferme la Poul-a-ries

Avenir incertain pour un programme d’aide à la relève bovine

La survie du Programme d’aide à la relève en production bovine, mis en place par le Syndicat des producteurs de bovins de l’Abitibi-Témiscamingue, est menacée. Cela fait plus d’un an qu’une demande de financement a été déposée au Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR) et aucune réponse n’a encore été envoyée.

Vincent Boisvert

Vincent Boisvert

« La relève, si tu ne l’aides pas et que tu ne l’appuies pas, tu n’en auras pas », s’insurge le président du syndicat, Vincent Boisvert. Le programme qu’avait bâti son équipe visait à favoriser l’occupation du territoire par la production bovine. Mélanie Rivard, propriétaire de la Ferme la Poul-a-ries, une entreprise agrotouristique d’Abitibi-Ouest, a été l’heureuse élue du programme. Elle a bénéficié de 30 vaches à rabais et d’un service de mentorat.

« Le programme a fait une grosse différence. C’est le mentor qui est la clé, car ça évite de faire beaucoup d’erreurs. J’ai eu droit à beaucoup de conseils pour m’orienter », témoigne la première bénéficiaire. « Aussi, ça me permet d’avoir un troupeau sans avoir trop d’endettement », ajoute-t-elle.

Lors du premier appel de projets, en 2018, 16 producteurs avaient posé leur candidature. Devant un tel succès, le syndicat souhaitait poursuivre l’expérience, d’autant plus que son financement initial avait été tranché en deux. Alors que le syndicat avait demandé 93 400 $ au FARR pour la période de novembre 2017 à mars 2020, il a plutôt obtenu 42 455 $ pour un an.

Le syndicat a comblé le reste du financement, en attendant de pouvoir déposer une nouvelle demande en avril 2019. « L’appel de projets a finalement eu lieu en septembre 2019, mais un an plus tard, nous attendons toujours une réponse. Nous trouvons cela vraiment déplorable », dénonce Vincent Boisvert.

Plus admissible?

Le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, qui chapeaute le programme FARR, a décliné notre demande d’entrevue. Par écrit, le relationniste Sébastien Gariépy a précisé ceci : « Le dossier est toujours en traitement à la Direction régionale de l’Abitibi-Témiscamingue. Les travaux d’analyse se poursuivent et le promoteur devrait être avisé du résultat de ceux-ci dans le courant de l’automne 2020. »

Il a également mentionné que certains programmes gouvernementaux ont changé entre la première et la seconde demande du syndicat au FARR.
« Des possibilités de soutien financier existent maintenant au [ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec]. Le financement offert par le FARR doit être complémentaire à l’aide existante, et non pas s’y substituer. Dans ce contexte, des pistes d’harmonisation sont actuellement à l’étude afin d’identifier le meilleur moyen de financer ce projet », a-t-il souligné.