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Jusqu’ici, l’équipe se félicite d’avoir atteint un taux de fertilité des truies de 95 % et d’avoir sevré une moyenne de 1 720 porcelets par mois pour les 600 truies reproductrices de la maternité. Photos : Patricia Blackburn/TCN

Jusqu’ici, l’équipe se félicite d’avoir atteint un taux de fertilité des truies de 95 % et d’avoir sevré une moyenne de 1 720 porcelets par mois pour les 600 truies reproductrices de la maternité. Photos : Patricia Blackburn/TCN

Voyage au cœur de la nouvelle maternité porcine du CDPQ

ARMAGH – La nouvelle maternité porcine du Centre de développement du porc du Québec (CDPQ) fêtera dans un mois sa première année d’activités. La Terre en a profité pour aller visiter ces installations à la fine pointe de la technologie afin de découvrir les projets de recherches qui s’y trament.

Francis Pouliot

Francis Pouliot

« On est encore en rodage, précise d’entrée de jeu Francis Pouliot, responsable de la maternité porcine du CDPQ, rencontré à la fin octobre devant le bâtiment blanc et vert établi dans un rang d’Armagh, dans Chaudière-Appalaches. Il y a eu beaucoup d’adaptation, d’ajustements, de bris mécaniques… Ce n’est pas parce que c’est neuf que ça ne brise pas! »

Jusqu’ici, l’équipe se félicite d’avoir atteint un taux de fertilité des truies de 95 % et d’avoir sevré une moyenne de 1 720 porcelets par mois pour les 600 truies reproductrices de la maternité. « C’est une bonne moyenne; on est contents », lance M. Pouliot, qui reconnaît que cette nouvelle aventure a été un gros défi, comme pour le démarrage de toute nouvelle entreprise.

Ils sont une dizaine à y travailler, dont Gabrielle Dumas, agronome et chargée de projets. « J’adore la recherche et ici, c’est un beau terrain de jeu, avec tout cet équipement. On ne pourrait pas avoir ça ailleurs », dit-elle. Le démarrage de la maternité a toutefois été « pas mal rock and roll », rapporte-t-elle, avec des projets de recherches qui ont démarré dès les premières cochettes entrées, le 28 décembre, pendant les vacances de Noël et en pleine pandémie. « On espère avoir un temps des Fêtes plus tranquille cette année… »

Un univers ultra protégé

N’entre pas qui veut dans une maternité porcine. Du moins, pas sans avoir pris au préalable les précautions sanitaires qui s’imposent. On pourrait même ajouter : n’entre pas n’importe quoi, car tous les objets, y compris le papier de toilette, les crayons, l’équipement informatique, jusqu’aux sacs de moulées qui transitent de l’extérieur à l’intérieur de la maternité du CDPQ doivent subir une quarantaine obligatoire de
30 jours dans la pièce de désinfection.

« La chaleur y est maintenue à 30 °C pour assurer la désinfection thermique », spécifie Francis Pouliot.

Pour les employés (et la journaliste de La Terre), c’est par la douche qu’il faut passer à l’entrée et au départ. Aucun vêtement (y compris les sous-vêtements, souliers, élastique pour les cheveux, bijoux) ne doit traverser la ligne. La douche est installée de façon à pouvoir y entrer par le côté non aseptisé, et en ressortir par l’autre, qui est aseptisé. « Ce processus est la norme dans la majorité des plus grosses maternités porcines du Québec, mentionne M. Pouliot, puisque les enjeux de biosécurité y sont plus importants que dans d’autres types d’élevage porcin, notamment en raison des truies qui y passent plus de temps. » Il précise qu’il s’agit d’une méthode de biosécurité un peu plus élevée que le corridor danois, où il n’est pas nécessaire de passer par la douche. 


3 projets de recherche qui retiennent l’attention

1- Socialisation précoce des porcelets

Une équipe de l’Université Laval, en partenariat avec le Centre de développement du porc du Québec (CDPQ), mène une étude sur la socialisation précoce des porcelets. Deux portées sont rassemblées dans une cage commune, avec leur mère respective. Les porcelets de l’une des deux portées ont été peints en bleu pour mieux les distinguer. Des caméras installées dans ­l’enclos permettent aux chercheurs d’observer le comportement des animaux.  Après quelques semaines, les porcelets seront transportés à la ferme expérimentale de Deschambault, près de Québec, afin d’évaluer si la socialisation précoce joue un rôle sur leur résilience aux maladies.

2- Bump feeding

Un projet de recherche en cours depuis l’ouverture de la maternité porcine évalue les avantages de l’alimentation de type bump feeding, qui consiste à augmenter l’alimentation des truies en fin de gestation. Elle est comparée à trois autres méthodes, soit une alimentation en quantité constante, une alimentation en bump feeding avec l’ajout de lysine (un acide aminé) en fin de gestation, puis une alimentation ajustée selon la parité et l’état de chair de chaque truie.

3- Trois types de cages à l’essai

La maternité est équipée de trois types de cages : les cages ascenseurs (sur la photo), comportant une section qui se soulève quand la truie bouge pour éviter qu’elle écrase ses porcelets, les cages conventionnelles et les cages de type bien-être, qui s’ouvrent pour permettre à la truie de se retourner. Des tests sont menés afin ­d’évaluer différents éléments, notamment les avantages technico-­économiques et le taux de survie des porcelets par type de cages.