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Viandes Forget dans le giron de Délimax-Montpak

Plus important producteur transformateur de veau et d’agneau en Amérique du Nord, Délimax-Montpak acquiert Viandes Forget, l’un des derniers abattoirs multiespèces sous inspection fédérale du Québec.

D’une part, cette acquisition permet à Délimax-Montpak de devenir le joueur dominant de la transformation ovine au Québec et dans tout l’est du Canada, puisqu’il achètera désormais 60 % des volumes d’agneaux lourds de la province. D’autre part, la transaction constitue une opportunité pour Délimax-Montpak de se lancer dans la commercialisation de bœuf. André Forget, l’actuel directeur général de Viandes Forget et fils du fondateur, se joint à l’équipe de direction de Délimax-Montpak.

Joueur dominant

L’achat de Viandes Forget par l’un de ses principaux concurrents vient consolider la filière ovine. « Je préfère de loin que ce soit une entreprise québécoise qui travaille avec l’agneau du Québec qui achète Viandes Forget, plutôt qu’une autre de l’extérieur. L’abattoir SunGold, dans l’Ouest canadien, aurait pu arriver ici et travailler avec de l’agneau de Nouvelle-Zélande », réagit le président des Éleveurs d’ovins du Québec, Pierre Lessard. Son organisation gère la commercialisation de l’agneau lourd dans la province. Reste que les producteurs s’inquiètent d’un éventuel monopole et de l’intégration de leur industrie, tout comme dans la filière veau, constate le dirigeant. « On a encore un grand pourcentage des agneaux qui est produit par l’ensemble des agriculteurs du Québec, mais le terme “intégrateur” fait énormément peur », résume M. Lessard.

Tout comme dans le veau de lait et de grain, Délimax-Montpak a développé un système d’intégration en production ovine. Sa division Bergemax contrôle ainsi tous les maillons de la chaîne, de l’élevage jusqu’à la transformation. L’entreprise assure vouloir continuer de travailler avec des producteurs indépendants. « On a besoin de leur production, que ce soit l’agneau, le bœuf ou le veau », affirme le président de Montpak, Alex Fontaine.

Bœuf Québec

L’acquisition de Viandes Forget permet également à Délimax-Montpak de faire une incursion dans la transformation de bouvillons. L’établissement de Terrebonne abat notamment le bétail du programme Bœuf Québec. « On va continuer de travailler avec les gens de Bœuf Québec. On garde la vocation de l’usine et les employés, et on va développer le bœuf », assure M. Fontaine. Ce dernier veut miser sur le créneau du bœuf local. Viandes Forget continuera aussi d’offrir le service d’abattage à forfait selon « l’évolution du bœuf et la capacité de l’usine ». 

Nouvelle marque Famille Fontaine

Dès septembre, Délimax-Montpak procédera au lancement de sa nouvelle marque de commerce Famille Fontaine Family. La gamme comprendra tous les produits de veau, d’agneau et de bœuf et utilisera des emballages de couleur mauve. Ces viandes de créneau qui occupent moins d’espace tablette en ce moment seront donc plus visibles pour les consommateurs, explique Alex Fontaine.

Dirigé par les frères Alex, Donald et Fabien Fontaine, le groupe Délimax-Montpak possède 105 fermes corporatives et près de 270 exploitations associées. En novembre 2017, Délimax-Montpak a procédé à l’achat d’Écolait, son concurrent dans l’élevage et la transformation de veaux de lait. Le groupe détient aussi une filiale américaine, Catelli Brothers. Toutes ces entreprises regroupées au sein du Fontelli Food Group constituent, selon la famille Fontaine, « la plus grande compagnie d’intégration verticale dans le veau et l’agneau en Amérique du Nord ». À la suite de l’acquisition de Viandes Forget, le secteur de la transformation comptera plus de 850 employés dans ses cinq usines du Canada et des États-Unis.