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Les porcelets continuent de naître et d’être sevrés, mais les places dans les bâtiments d’élevage sont encombrées par les nombreux porcs qui ne peuvent plus être livrés.

Les porcelets continuent de naître et d’être sevrés, mais les places dans les bâtiments d’élevage sont encombrées par les nombreux porcs qui ne peuvent plus être livrés.

Une entente qui survient « juste avant que le bouchon saute »

L’entente de principe conclue dans la nuit du 13 au 14 août entre la direction d’Olymel et le syndicat des employés de son usine de Vallée-Jonction, dans Chaudière-Appalaches, arrive à un moment où les éleveurs de porcs se sentaient pris à la gorge.

Le syndicat doit soumettre dans les prochains jours la proposition à ses membres qui devront l’approuver pour mettre fin à la grève qui dure depuis le 28 avril dernier. « On a hâte de voir l’issue, commente Louis-Philippe Roy, président du Syndicat des éleveurs de porcs des Deux-Rives et producteur de porcs à Saint-Michel, dans Chaudière-Appalaches. On arrivait à un stade où les éleveurs manquaient de place. C’était une question de semaines avant que le bouchon saute! » confie-t-il.

À Saint-Elzéar, dans la même région, Simon Breton, propriétaire de l’entreprise Maxsiporc, confirme qu’il s’agit de la pire problématique d’espace jamais vécue par les éleveurs. « On a surpassé la période de porcs en attente pendant la COVID. J’ai des porcelets qui sortent et on ne peut plus les mettre nulle part. On a hâte de retrouver les crochets! » lance-t-il avec espoir.

<em>« On sait qu’il y a encore un petit coup à donner, qu’on va souffrir encore une petite fois. Et on n’a pas le choix, mais on sait que ça achève. C’est ça qui est encourageant. » - Simon Breton.

« On sait qu’il y a encore un petit coup à donner, qu’on va souffrir encore une petite fois. Et on n’a pas le choix, mais on sait que ça achève. C’est ça qui est encourageant. » – Simon Breton.

 Prochaines étapes

Il reste encore beaucoup d’incertitude quant au moment où le vote des syndiqués se tiendra et au protocole de retour au travail. « J’avais d’abord entendu que le vote aurait lieu jeudi ou vendredi, mais c’était beaucoup trop tard. Il a donc été devancé à mardi soir, rapporte M. Breton. Pour nous, c’est important, car chaque jour d’abattage compte », ajoute-t-il.

Car si les Éleveurs de porcs du Québec sont parvenus jusqu’ici à gérer les cas les plus urgents en priorité, les solutions commencent à manquer.  « C’est comme ça qu’on s’en est sortis jusqu’ici, mais c’est ce qu’on est plus capables de faire maintenant. On ne sait plus quoi faire quand un éleveur a des porcelets sevrés et qu’il ne sait plus où les mettre, parce qu’on n’a plus de place. L’entente de principe vient donner un peu d’espoir à tout le monde, même si la situation est encore sous tension dans les élevages », dit-il.

Selon M. Roy, ce stress sur les épaules des éleveurs pourra diminuer quand le protocole de redémarrage de l’usine sera connu. On pourra alors savoir à quoi s’en tenir et savoir quand nos porcs en attente pourront recommencer à diminuer ».

Louis-Phillipe Roy. Archives / TCN

Louis-Phillipe Roy. Archives/TCN

 

Les Éleveurs de porcs du Québec, qui ont réagi à l’entente de principe par voie de communiqué, le 14 août, soulignent que « la partie n’est pas encore gagnée » et que « beaucoup de travail attend encore les éleveurs. »

Olymel et le syndicat des employés de l’usine de Vallée-Jonction se refusent à tout commentaire avant que les syndiqués se prononcent sur la proposition. Le syndicat n’a pas confirmé quand aurait lieu ce vote.