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Une nouvelle assurance permet de soutenir financièrement la filière avicole en cas de crise sanitaire. Crédit photo : Archives TCN

Une nouvelle assurance permet de soutenir financièrement la filière avicole en cas de crise sanitaire. Crédit photo : Archives TCN

Une assurance pour la filière des plumes

Depuis quelques mois, tout le secteur avicole québécois peut compter sur un nouvel outil financier en situation de crise sanitaire. Le Régime d’indemnisation de maladies avicoles du Québec (RIMAQ) permet de dédommager les producteurs et tous leurs partenaires de la filière en cas d’éclosion de maladies.

Attendu depuis longtemps par le secteur des plumes, ce programme d’assurance est entré en vigueur en février dernier. « Il vise à favoriser la déclaration rapide des maladies pour minimiser les risques de propagation », explique Martin Pelletier, coordonnateur de l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles (EQCMA), l’organisme qui a développé cet outil. « On demande beaucoup de choses à l’éleveur dont le troupeau est contaminé, mais on le fait pour toute la filière. Le RIMAQ est une façon de reconnaître l’importance du partage de responsabilités afin d’éviter que les maladies avicoles deviennent endémiques et causent des dommages importants dans la filière », ajoute M. Pelletier.

Des assurances contre les dommages causés par les maladies avicoles existent déjà au Canada, mais le Québec se distingue du reste du pays par l’adhésion de tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement, c’est-à-dire les entreprises agricoles, les abattoirs, les couvoirs, les meuneries et les classificateurs d’œufs. Le Québec innove également en assurant six maladies : les quatre à déclaration obligatoire sous l’autorité du gouvernement fédéral (influenza aviaire, maladie de Newcastle, pullorose, typhose) de même que la laryngotrachéite infectieuse (LTI) et la mycoplasmose à Mycoplasma gallisepticum (MG).

Les éclosions de ces maladies très contagieuses peuvent s’avérer coûteuses. À titre d’exemple, en 2010, un épisode de LTI en Beauce et dans la région de Bellechasse chez dix troupeaux et leurs partenaires a coûté près de 2 M$ à la filière, précise Martin Pelletier.

Bourse d’assurance réciproque

Le RIMAQ dédommage les principaux coûts et pertes associés à l’éradication des six maladies. L’assurance ratisse large en couvrant notamment l’abattage des oiseaux et les frais vétérinaires, de biosécurité, d’analyses de laboratoire ainsi que la gestion du fumier. La couverture d’assurance varie entre les espèces. Le RIMAQ constitue une assurance réciproque, c’est-à-dire que les assurés sont également les assureurs. « Les assureurs conventionnels ne veulent pas toucher aux maladies avicoles. C’est trop de risques », explique André Patry, directeur général de l’Alliance réciproque de l’industrie des œufs de consommation du Canada (ARIOCC). Cette organisation s’est vu confier la gestion du programme par l’EQCMA. L’Alliance possède déjà l’expertise dans la gestion de l’assurance contre la salmonelle à l’échelle fédérale pour les producteurs d’œufs de consommation. « Le modèle du Québec s’avère très intéressant parce que tous les secteurs se sont regroupés. Ça rend la vie plus facile pour tout le monde », note d’ailleurs M. Patry.

Fonctionnement

Contrairement aux compagnies d’assurance conventionnelle, le RIMAQ se veut une organisation à but non lucratif où tous les partenaires payent une prime. Les assurés se constituent ainsi un fonds de 400 000 $, qui sert de levier pour aller chercher une réassurance de 8,2 M$. Environ 1 000 éleveurs contribuent au programme. En cas de réclamation, le RIMAQ offre l’avantage de ne pas avoir de franchise individuelle à payer. Une première réclamation a déjà eu lieu ce printemps.