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Les troupeaux de dindons, tant au Canada qu’aux États-Unis, sont pour l’instant plus touchés que les autres types d’élevages de volailles. Photo : Archives/TCN

Les troupeaux de dindons, tant au Canada qu’aux États-Unis, sont pour l’instant plus touchés que les autres types d’élevages de volailles. Photo : Archives/TCN

Un possible cas d’influenza aviaire dans un troupeau suscite l’inquiétude chez les éleveurs

Un premier cas potentiel québécois d’influenza aviaire de la souche hautement pathogène H5N1 est actuellement sous investigation dans un élevage commercial de volailles de la région de l’Estrie.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a précisé dans une rencontre d’information technique le 11 avril que des tests préliminaires étaient actuellement menés par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Ces tests devront ensuite être confirmés par le laboratoire de Winnipeg de l’ACIA, « ce qui pourrait prendre encore deux à trois jours », a indiqué Pierre-Luc Leblanc, président des Éleveurs de volailles du Québec (ÉVQ), lors de l’assemblée générale annuelle de l’organisation, le 12 avril.

Les éleveurs présents à l’assemblée ont manifesté de grandes inquiétudes face à cette menace. Certains ont réclamé que les délais entre la détection d’un cas dans des élevages de basses-cours et la communication aux élevages situés à proximité soient plus rapides.  D’autres ont demandé quelles étaient les procédures à suivre en cas de contamination, les indemnisations prévues, et la période de quarantaine à appliquer avant de pouvoir redémarrer la production. Le président des ÉVQ a indiqué qu’il demanderait à l’Équipe québécoise de contrôle des maladies avicoles (EQCMA) de préparer un document pour informer les éleveurs sur ces différents aspects.

Le Québec est pour l’heure encore épargné par l’influenza aviaire dans les élevages, mais la maladie a toutefois été repérée chez des oiseaux sauvages. Au pays, ce sont jusqu’ici 200 000 oiseaux, provenant de sites commerciaux ou de basses-cours, qui sont morts ou ont dû être euthanasiés en raison de cette souche hautement contagieuse du virus, a révélé l’ACIA.  De ce nombre, 80 000 oiseaux répartis dans 13 sites sont en Ontario, dont deux dans l’Est ontarien, à proximité du Québec.

Les dindons plus vulnérables?

Les dindons semblent également être plus sensibles au virus. En Ontario, ce sont neuf élevages de dindons qui sont touchés sur les 13 sites infectés. Les États-Unis, qui sont également frappés par une vague de cas avec 23 millions d’oiseaux infectés, recensent les trois quarts de leurs cas dans des élevages de dindons.

« Les cas progressent également très rapidement, a souligné Martin Pelletier coordonnateur de l’EQCMA. En Alberta par exemple, un premier cas a été confirmé le 6 avril et six élevages commerciaux de dindons ont été déclarés positifs le 13 avril », a-t-il illustré. « La petite bonne nouvelle, c’est que la maladie semble se résorber en Atlantique », a-t-il ajouté sur une note plus positive.

Peu de transmission entre les élevages

M. Pelletier a insisté sur le fait qu’il y a eu « peu de transmission entre les troupeaux », mais que les cas rapportés sont des « points d’introduction unique ». L’application des mesures de biosécurité proposées par le MAPAQ, l’ACIA et l’EQCMA devrait donc permettre de réduire les effets sur la chaîne d’approvisionnement alimentaire, a pour sa part indiqué Donald Boucher, directeur général du secteur développement et analyse chez Agriculture et Agroalimentaire Canada, qui participait à une rencontre d’information technique de l’ACIA, le 11 avril.