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Les fêtes religieuses qui se succéderont en l’espace d’environ trois mois lors des 10 prochaines années chamboulent la mise en marché des agneaux lourds. Photo : Archives TCN

Les fêtes religieuses qui se succéderont en l’espace d’environ trois mois lors des 10 prochaines années chamboulent la mise en marché des agneaux lourds. Photo : Archives TCN

Révision de la mise en marché ovine

Afin de stabiliser le prix des agneaux lourds qui seront très recherchés pour célébrer cinq fêtes religieuses concentrées en l’espace d’environ trois mois lors des 10 prochaines années, les Éleveurs d’ovins du Québec ont récemment créé un comité spécifiquement dédié à la refonte de leur mise en marché.

L’organisation a tenu une première rencontre à ce sujet, le 11 février, pour discuter rapidement des grandes orientations de cette refonte. Rappelons que les membres des Éleveurs ont adopté une résolution, lors de leur assemblée générale annuelle de la fin novembre, pour revoir le fonctionnement de l’Agence de vente des agneaux lourds en fonction de certaines fêtes religieuses.

Plus de 50 % de la production annuelle sera donc écoulée en ce court laps de temps jusqu’en 2030. Avec l’augmentation de la demande, et donc, des prix pour cette période, cela risque de déstabiliser le marché si rien n’est fait, estime le président de l’organisation, Pierre Lessard. Plusieurs producteurs pourraient être tentés de profiter d’un « marché d’opportunités », comme les encans, par exemple, et ainsi rompre les contrats établis avec leurs acheteurs, a-t-il expliqué.

Réglementer plutôt que pénaliser

À l’heure actuelle, le producteur ne subit aucune pénalité s’il rompt son contrat d’approvisionnement pour se tourner vers des encans. L’an dernier, M. Lessard raconte que l’Agence de vente s’est retrouvée avec des surplus d’agneaux après l’Aïd el-Kebir. Les prix ayant chuté à l’encan au lendemain de cette fête, certains producteurs ont préféré garder leurs bêtes à la bergerie. « Mais lorsque les agneaux atteignent 80 livres, l’Agence a l’obligation de les prendre, ce qui a créé un surplus d’agneaux lourds en fin d’année et a inondé le marché », a-t-il indiqué.

C’est pourquoi il faut avoir davantage de réglementation pour forcer les producteurs à respecter leurs contrats, mais sans nécessairement les pénaliser, estime M. Lessard. En fait, le président croit que le fait de fixer un prix inférieur (ex. : 25 cents de moins le kilo) pour un agneau lourd vendu sans engagement versus à forfait pourrait déjà contrer ce problème.

« La réflexion doit se faire avec l’ensemble des producteurs, a-t-il insisté, car on ne veut pas tuer le marché. On veut vraiment protéger ceux qui ont leurs contrats. » M. Lessard estime qu’il y a donc une nouvelle structure à mettre en place, qui pourrait être similaire à celle des producteurs de grains, dont seulement une partie des contrats sont signés à l’avance. Cela laisserait une marge de manœuvre aux éleveurs d’ovins qui veulent profiter de certaines opportunités, croit-il.

Par ailleurs, en raison des fêtes religieuses qui bousculent « plus qu’avant » la mise en marché, les Éleveurs prévoyaient rencontrer des responsables de La Financière agricole du Québec pour étudier la possibilité de revoir le calendrier des avances de compensation et « voir s’il y a un avantage à le modifier »

Nouveau directeur général

Depuis le 17 février, Jean-Philippe Deschênes-Gilbert est le directeur général des Éleveurs d’ovins du Québec. Le président Pierre Lessard fonde beaucoup d’espoir sur cette nouvelle entrée en poste, après que cinq directeurs généraux se furent succédé dans l’organisation en trois ans. « Il est très riche en expérience pour nous avec les défis que nous avons, dont le rajeunissement de la mise en marché », affirme M. Lessard.