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Pendant le lock-out, les producteurs de bovins laitiers et équins desservis par les cliniques ambulatoires de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal auront accès uniquement à des services d’urgence. Ces services seront dispensés par les vétérinaires de la Faculté. Crédit photo : Archives/TCN

Pendant le lock-out, les producteurs de bovins laitiers et équins desservis par les cliniques ambulatoires de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal auront accès uniquement à des services d’urgence. Ces services seront dispensés par les vétérinaires de la Faculté. Crédit photo : Archives/TCN

Des producteurs agricoles sans services vétérinaires

À quelques jours de Noël, l’Université de Montréal (UdeM) a mis en lock-out près de 50 cliniciens-vétérinaires du Centre hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV) à midi le 22 décembre, et ce, pour une durée indéterminée.

Ce lock-out aura un impact important sur la clientèle agricole desservie par les cliniques ambulatoires dirigées par le CHUV. « Tous les rendez-vous des cliniques ambulatoires ont été annulés et elles fonctionneront en mode urgence. Les services d’urgence seront offerts par les vétérinaires de la Faculté de médecine vétérinaire », confirme Geneviève O’Meara, porte-parole de l’UdeM. Selon les données de l’institution, les vétérinaires des cliniques ambulatoires bovines et équines réalisent respectivement 5 000 et 2 000 visites annuelles.

Ainsi, des centaines de producteurs ne recevront aucun service de continuité (suivi et prévention) de leur vétérinaire pendant la durée du conflit. Une employée en lock-out a indiqué à la Terre que 200 fermes, dont 150 laitières, requièrent des suivis réguliers.

Statut de professeur

Ce groupe de vétérinaires, syndiqué depuis juin 2015, négocie depuis un an sa première convention collective. L’un des points d’achoppement entre les deux parties est le statut des membres. « Ces syndiqués veulent être reconnus pour ce qu’ils font et ce qu’ils sont », affirme Jean Portugais, président du Syndicat général des professeurs et professeures de l’Université de Montréal, qui regroupe les vétérinaires mis en lock-out.

Le Syndicat revendique une reconnaissance de leur rôle d’enseignant. Il veut obtenir les mêmes droits à cet égard que ceux dont bénéficient les professeurs de la Faculté. « Ils souhaitent être d’abord reconnus comme enseignants et non comme des prestataires de services. Ces vétérinaires forment les futurs vétérinaires », indique Jean Portugais. La clinicienne-vétérinaire à qui la Terre a pu parler affirme que des étudiants accompagnent ses confrères et elle en moyenne 85 % du temps.

Selon le Syndicat, la partie patronale souhaite que ces cliniciens offrent plus de services et même que certains d’entre eux délaissent l’enseignement pour se concentrer sur la prestation de services : « L’UdeM souhaite transformer le travail de ces cliniciens en machine à argent. »

Du côté de l’employeur, on mentionne que les vétérinaires ont reçu une accréditation syndicale à titre de cliniciens enseignants. Dans un communiqué, l’UdeM précise que « les cliniciens enseignants sont des médecins vétérinaires salariés qui participent principalement à l’encadrement et à l’évaluation des étudiants dans un cadre clinique. Ils peuvent non seulement dispenser des enseignements, mais aussi contribuer à au moins une des activités suivantes : fonctionnement de l’institution, rayonnement universitaire ou recherche. À l’instar de plusieurs autres groupes de professionnels employés de l’Université, ils ont des tâches d’enseignement, sans être des professeurs. »