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Nouveau départ dans la production d'oies

Il y a une lueur de fierté dans les yeux de Jean Roy lorsqu’il fait visiter son nouvel abattoir derrière sa résidence de la route Marie-Victorin, à Nicolet.

« Nous avons commencé avec un investissement de 80 000 $ et nous sommes rendus à 1,2 M$ », explique-t-il aux personnes invitées à l’inauguration de ses nouvelles installations pour l’abattage d’oies, de canards, de poulet, de pintades, de dindes sauvages et de lapins.

L’abattoir a été construit avec les sommes que son fils Nicolas et lui ont investies et aussi grâce à des fonds provenant de plusieurs programmes – principalement du ministère de l’Agriculture du Québec (MAPAQ) – et à l’appui de nombreux organismes du milieu. L’établissement est géré par Les Jardins de l’Oie, une coopérative de travailleurs formée de M. Roy et de son fils Nicolas qui en sont respectivement directeur général et président.

Bien sûr, les nouvelles installations ne fonctionnent pas encore à plein rendement mais M. Roy est persuadé que les besoins, déjà grands, iront en augmentant. Plus encore, il croit fermement que la présence de l’entreprise agira comme stimuli pour la production de petits animaux. « Les difficultés à trouver un abattoir étaient un frein pour plusieurs producteurs », explique-t-il.

Il sait de quoi il parle car en plus de ses activités de producteur laitier et céréalier, il produit environ 3000 oies à rôtir et à gaver et compte se rendre à 4000 cette année. Sa production est écoulée chez les consommateurs de la région, les hôtels et restaurants et aussi dans les établissements de la région de Montréal.

Une renaissance?

M. Roy est le dernier producteur d’oies encore en activité de la défunte coopérative Oisilac, qui regroupait une dizaine de producteurs répartis dans la MRC de Nicolet. Avec la demande croissante et ses nouvelles installations, M. Roy se plaît à croire à une renaissance prochaine de la coopérative. « La coopérative de travailleurs que je forme avec mon fils pourrait bien devenir une coopérative de producteurs. » Ses propriétaires certifient « qu’il est le seul abattoir de cette catégorie à être sous inspection provinciale et conçu pour devenir sous inspection fédérale ». Les journées d’exploitation, une quinzaine de personnes y travaillent. « Le jour où on aura deux quarts de travail cinq jours par semaine, il faudra envisager de s’installer dans le parc industriel. »

D’ici là, M. Roy et ses partenaires cogitent d’autres projets avec le traitement du duvet d’oie, le développement d’un troupeau reproducteur et la mise en marché regroupée. Ils font ainsi le pari que la filière de l’oie peut connaître un nouvel envol dans la région.