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D’après le conseiller apicole Nicolas Tremblay, le taux de mortalité élevé constaté dans certains ruchers ne serait pas causé par l’utilisation de pesticides en grandes cultures, mais plutôt par des facteurs météorologiques. Crédit photo : Gracieuseté de Nicolas Tremblay

D’après le conseiller apicole Nicolas Tremblay, le taux de mortalité élevé constaté dans certains ruchers ne serait pas causé par l’utilisation de pesticides en grandes cultures, mais plutôt par des facteurs météorologiques. Crédit photo : Gracieuseté de Nicolas Tremblay

Une mortalité catastrophique par endroits

Le taux de mortalité constaté dans les cheptels d’abeilles est très variable ce printemps. Certains apiculteurs auraient perdu la majorité de leur élevage, alors que d’autres s’en tirent bien.

« Dans les régions centrales du Québec, c’est un printemps vraiment difficile. Les apiculteurs ont perdu en moyenne de 40 à 60 % de leurs abeilles », dépeint Nicolas Tremblay, conseiller apicole et agronome au Centre de recherche en sciences animales de Deschambault.

Un couple d’apiculteurs de l’Estrie dit avoir perdu 80 % de son cheptel. Les apiculteurs touchés devront assumer les coûts de la reconstruction de leur cheptel et prévoir des revenus moindres de location de ruches pour la pollinisation.

D’autres relèvent des taux de mortalité moindres, comme Jean-François Bélanger, de La Miellée dorée, à Portneuf. Il enregistre 25 % de pertes d’abeilles, soit un peu moins que l’an dernier. La plus grande entreprise apicole du Québec, Intermiel, de Mirabel, rapporte un taux de mortalité d’à peine 14 %. Le copropriétaire des 9 300 ruches, Christian Macle, se dit par ailleurs surpris du taux de mortalité élevé de ses confrères.

Problème de régie?

Chez Raphaël Vacher, apiculteur au Lac-Saint-Jean, le taux de mortalité s’est établi à 7 %. « La météo a certes un impact, mais je constate que dans une même région, certains apiculteurs ont beaucoup plus de mortalité que d’autres. Les activités de pollinisation ont épuisé des colonies. D’autres apiculteurs ont voulu profiter de la chaleur d’automne pour faire un peu plus de miel et ont retardé les traitements contre la varroase et le nourrissage. C’est une erreur qui provoque des pertes plus élevées », suggère-t-il.

« Oui, certains apiculteurs ont retardé les traitements et le nourrissage, ce qui leur a nui. Mais d’autres ont respecté le calendrier et ont aussi connu des pertes plus élevées qu’à l’habitude », nuance le conseiller apicole Nicolas Tremblay. Il explique qu’avec l’automne chaud, les abeilles ont entré beaucoup de nectar dans les ruches en fin de saison. Leur miel a été mélangé avec le sirop que les apiculteurs leur avaient déjà donné pour les nourrir avant l’hiver. « Ce mélange a donné la diarrhée aux abeilles, ce qui les a affaiblies », explique M. Tremblay. Il ajoute que les abeilles se sont également épuisées à la tâche lors de la miellée exceptionnelle d’automne. « Dans certains cas, la chaleur d’automne a incité les reines à continuer de pondre, ce qui a engendré une multiplication du varroa, laquelle a aussi influencé la qualité de l’hivernage », précise le spécialiste.