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Levinoff-Colbex: la Coopérative s’impatiente

Québec tarde à faire connaître sa décision quant à la vente des installations de l’abattoir Levinoff-Colbex à Saint-Cyrille-de-Wendover.

La Coopérative des bovins d’abattage du Québec, qui a déposé une offre d’achat en juin dernier, ronge son frein en attente d’une réponse.

« On va aller pigrasser tant qu’on n’aura pas répondu à notre proposition », promet le porte-parole de la Coopérative, Paul Doyon. Mardi dernier, les administrateurs de cette organisation ont tenu une conférence téléphonique pour faire le point sur la situation. Rappelons qu’ils ont accordé un délai d’un mois au Syndic Richter pour se prononcer sur les propositions reçues afin de racheter l’abattoir, aujourd’hui propriété de l’État par l’intermédiaire d’Investissement Québec. Ce sursis se terminait fin juillet.

« Nous sommes très étonnés de voir la façon dont ça fonctionne, ajoute Paul Doyon. Le gouvernement est propriétaire. Un jour, il vend, le lendemain, il ne vend pas. C’est peut-être à cause des vacances. »

Devant cette situation, les administrateurs de la Coopérative, présents dans toutes les régions, ont convenu de sensibiliser leur député respectif à la question. Une lettre a également été expédiée à Jacques Daoust, ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, qui chapeaute Investissement Québec.

Mélissa Turgeon, attachée de presse du ministre Daoust, fait valoir que le syndic n’a jamais fourni de date limite pour rendre sa décision. Elle reconnaît toutefois que des soumissionnaires ont effectivement mis un délai à leur proposition d’achat.

« L’analyse des dossiers se poursuit normalement et il n’y a pas de retard », a-t-elle déclaré à laTerre.

« Aux dernières élections, note Paul Doyon, les libéraux voulaient créer des emplois et de la richesse. On serait donc censés se rejoindre avec notre projet. Exporter pour faire transformer ailleurs, ça va quand c’est du fer, mais c’est une autre affaire quand il s’agit d’animaux. »

Les administrateurs de la Coopérative ont par ailleurs réagi positivement à la récente déclaration du ministre de l’Agriculture. Dans la Terre du 30 juillet, Pierre Paradis se prononçait en faveur des circuits courts afin de mettre fin à l’abattage des bovins québécois en Ontario ou aux États-Unis. Le ministre se disait aussi préoccupé par le bien-être des bovins de réforme, des animaux âgés qui doivent s’entasser dans des camions et parcourir de longues distances avant d’arriver à leur destination finale.

« On sent que le ministre Paradis a des préoccupations semblables aux nôtres, affirme Paul Doyon. Sur la question du bien-être animal, on se rejoint. »