Élevage 9 octobre 2019

Les Viandes du Breton cessent la transformation de porcs conventionnels

Le 2 février prochain, l’abattoir des Viandes du Breton à Rivière-du-Loup cessera presque entièrement de s’approvisionner en porcs de commodité pour se concentrer sur ses produits de niche. Les négociations avec les Producteurs de porcs du Québec devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec sont notamment en cause.

En février, le volume de transformation de porcs de niche (porcs biologiques, porcs d’élevage rustique et porcs sans antibiotiques) passera de 60 à 90 % à l’usine de Rivière-du-Loup, ce qui réduira de 30 à 10 % le volume de porcs conventionnels transformés. Le produit est principalement destiné à la vente en gros et au marché de l’exportation non commercialisé sous la marque duBreton.

Régie

L’entreprise ne s’en cache pas : si elle a décidé de faire un pas de plus dans cette direction, c’est notamment en réaction à la décision de la Régie dans l’arbitrage de la nouvelle convention de mise en marché et à la mésentente face à son application. « C’est le fait que les abattoirs soient désavantagés », souligne la conseillère en communication de l’entreprise, Julie Lamontagne. Elle indique cependant que la décision prise par Les Viandes du Breton était « déchirante ». L’entreprise mettra un terme à 30 ou 40 ans de relations d’affaires avec certains producteurs de porcs conventionnels.

Surpris de la raison évoquée, le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, estime que la décision de Viandes du Breton s’inscrit plutôt dans la continuité de l’entreprise qui a entamé la conversion il y a plusieurs années. « C’était déjà annoncé que [du Breton] voulait s’en aller vers une production totalement Certified Humane, bio et ainsi de suite. Est-ce que ça l’a poussé à aller plus vite parce qu’il s’est rendu compte qu’il fallait qu’il soit encore plus compétitif? Peut-être, mais ce n’est pas la principale raison », croit David Duval.

En effet, Viandes du Breton précise que son choix a aussi été influencé par la pénurie de main-d’œuvre spécialisée dans la région et par la décision de la Chine de fermer ses marchés.

Les éleveurs ne devraient pas souffrir de cette décision, estime toutefois David Duval. Ils auront des ententes pour réacheminer leurs animaux vers d’autres acheteurs d’ici la fin octobre.