fbpx

Les inséminateurs du CIAQ brandissent une menace de grève

Le torchon brûle entre le CIAQ et ses inséminateurs qui menacent de déclencher une grève générale illimitée dès le 9 juin prochain.

Un tel scénario, s’il devait se concrétiser, constituerait une première au Québec et pourrait causer des pertes majeures chez les éleveurs.

Chaque insémination ratée ne peut être rattrapée qu’environ 20 jours plus tard, ce qui retarde d’autant la production laitière à venir. Les inséminations ratées pourraient même se matérialiser plus tôt. Le Syndicat des inséminateurs et des services à la ferme du Québec, qui regroupe aussi des représentants en services-conseils, prévoit tenir 18 journées d’étude dans tout le Québec, en rotation, à partir d’aujourd’hui. « Aucun service du CIAQ ne sera offert par les salariés sur le territoire en journée d’étude », peut-on lire dans un communiqué émis le 6 mai.

Le nouveau modèle d’affaires Solutions Tandem, adopté par le Centre d’insémination artificielle du Québec (CIAQ) en avril 2013, se trouve à l’origine du conflit. Amorcées officiellement en décembre 2013, les négociations de cette première convention collective ont donné lieu à cinq ou six rencontres. Le Syndicat dit avoir quitté la table après que le CIAQ ait offert la même masse salariale qu’en 2012. Le vote de grève date du 27 avril. Au moment de mettre sous presse, aucune séance de négociation n’était prévue.

Le CIAQ, propriété de 3 groupes d’éleveurs, détient 60 % du marché de la génétique laitière au Québec et embauche environ 120 inséminateurs.

Modèle d’affaires

Du côté syndical, on dénonce que Solutions Tandem, une approche « implantée unilatéralement, a été financée par les compressions salariales de la majorité des inséminateurs. Des pères et des mères de famille, qui travaillent au CIAQ depuis des dizaines d’années, ont subi des pertes de 10 000 $ à 15 000 $ en 2013 », déclare le président du Syndicat, Patrick Vanlandeghem, inséminateur depuis 30 ans. D’où leur décision immédiate de créer un syndicat « pour se faire entendre et se faire respecter ». Le Syndicat veut « négocier une convention collective qui vise principalement à retrouver les conditions de travail volées ».

Directeur général du CIAQ, Mario Hébert a souligné à la Terre, le 6 mai, que le conseil d’administration ne reculera pas sur sa décision concernant le nouveau modèle d’affaires, « apprécié par la clientèle », et implanté après deux ans de discussions sans résultat avec les inséminateurs. « Ça constitue une priorité d’entreprise, a-t-il expliqué. Le CIAQ perdait environ 1 % du marché chaque année et il se devait de mieux répondre aux besoins de sa clientèle tout en demeurant compétitif alors que la concurrence est toujours plus forte. »
Les parties misent sur leur bonne foi respective et sur l’importance de préserver la relation privilégiée développée avec la clientèle depuis 65 ans pour éviter une grève illimitée.

DERNIÈRE HEURE :  Inséminateurs du CIAQ : suspension des moyens d’action

Les inséminateurs du Centre d’insémination artificielle du Québec (CIAQ) ont décidé de suspendre la ronde de journées d’étude qui devait débuter aujourd’hui afin de faire pression sur leur employeur.

Cette orientation fait suite à la requête du CIAQ, adressée au ministère du Travail du Québec, de nommer un conciliateur afin de dénouer le différend qui l’oppose au Syndicat des inséminateurs et des services à la ferme du Québec (Syndicat).

Dans une édition express de son bulletin L’Inséminateur d’idées datée du 11 mai, le Syndicat explique que son seul objectif est d’en arriver à une solution négociée. Le président Patrick Vanlandeghem y réitère toutefois que le résultat attendu « est de récupérer toutes les conditions de travail que l’employeur a coupées unilatéralement ».