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Le coût d’alimentation des poussins a le potentiel d’accroître les bénéfices d’une entreprise avicole. Photo : Archives/TCN

Le coût d’alimentation des poussins a le potentiel d’accroître les bénéfices d’une entreprise avicole. Photo : Archives/TCN

Les éleveurs invités à rechercher leurs bénéfices potentiels

Pour tirer de meilleurs profits de leur élevage, Nicolas Jobin, agronome et président fondateur de Groupe Vision Gestion, une firme d’analyse financière spécialisée dans le secteur agricole, invite les producteurs de volailles à ne pas confondre « coût de production » et « marge brute ».

« Si le prix donné aux éleveurs est établi à 57 cents le kilogramme, et que vous obtenez 60 cents le kilogramme, c’est une évaluation positive et instantanée des performances technico-économiques de votre élevage. Mais pour moi, comme analyste, ça ne me dit pas si vous avez engagé un employé, loué du quota ou combien a coûté le propane », a-t-il expliqué dans le cadre d’une conférence prononcée virtuellement lors du Rendez-vous avicole de l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC) en novembre.

Le conférencier a par la suite expliqué que le terme « coût de production » en agriculture a été fait et bâti pour trouver un prix de vente en tenant compte de trois éléments : le coût d’alimentation du poussin, le coût du poussin et la marge du producteur (soit les dépenses reliées à l’entreprise excluant l’alimentation des poussins). Or, ce coût de production ne permet pas de savoir ce qui restera comme profits au bout du compte, selon les dépenses propres à chaque élevage.

Décortiquer ses dépenses

Il suggère donc de décortiquer une à une les dépenses de l’entreprise (main-d’œuvre, électricité, travaux à contrat, location de quota, mise en marché, etc.), pour avoir le véritable portrait des coûts de production, ce qui permet de dégager la « marge brute » de l’entreprise. Ce montant permet ensuite d’établir la « marge nette », qui correspond au bénéfice avant intérêt, impôts et amortissement (BAIIA).  « C’est en gros ce qui reste pour faire les paiements (dette) et payer le salaire de l’éleveur », résume-t-il. Une fois ces deux dernières dépenses déduites, la balance correspond au « bénéfice net » de l’entreprise, qui est souvent plus maigre qu’anticipé au départ.

Quoique complexe, cet exercice comptable est le point de départ d’une meilleure gestion, selon le conférencier, car il permet de comparer chacune des dépenses avec celles d’élevages plus performants afin de cibler les secteurs où des améliorations peuvent être faites. Le coût d’alimentation des poussins, qui représente la part la plus importante des dépenses des élevages, est selon M. Jobin le secteur où il y a le plus de potentiel pour augmenter les bénéfices d’une entreprise avicole.

Éclosion à la ferme

La technique d’éclosion à la ferme est de plus en plus populaire au Royaume-Uni, rapporte David Speller, consultant en production avicole et président-directeur général de l’entreprise britannique OPTIfarm. « C’est un système complètement différent qui semble bien fonctionner et qui permet aux œufs d’éclore directement à la ferme », a-t-il expliqué dans une conférence lors du Rendez-vous avicole AQINAC 2021. Cet exemple figure parmi une série d’autres innovations technologiques qui transformeront les élevages intensifs de volailles au cours des prochaines années, croit le consultant. Le captage de données sans fil, notamment avec la technologie 5G, ainsi que la robotique sont d’autres innovations qui pourraient permettre d’améliorer le bien-être animal et la performance à faibles coûts, tout en aidant à mieux faire face au problème de pénurie de main-d’œuvre, a mentionné M. Speller.