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Photo : Archives / TCN

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Les éleveurs de poulet : les moins bien payés du Canada?

En plus d’avoir été affectés par la pandémie, les Éleveurs de volailles du Québec (EVQ) estiment qu’ils font face à un autre problème : celui de la rémunération de leurs membres qui, selon l’organisation, sont les moins bien payés au Canada. Ils espèrent faire entendre leur message auprès des transformateurs de l’industrie.

Pierre-Luc Leblanc

Pierre-Luc Leblanc

C’est ce qui est ressort de l’assemblée générale de l’organisation, qui s’est tenue par vidéoconférence le 22 juillet. « Les derniers mois ont été très intenses pour nous. […] Il y a eu des ajustements de prix pour se rapprocher du marché, mais ça ne reflète pas la réalité. On a été pénalisés par un calcul qu’on juge inadéquat de notre côté », a affirmé le président des EVQ, Pierre-Luc Leblanc.

En septembre dernier, l’organisation est allée devant la Régie des marchés agricoles, avec le Conseil québécois de la transformation de la volaille (CQTV), afin d’établir la nouvelle grille de prix. Toutefois, celle-ci ne convenait pas aux EVQ, qui ont tenté un règlement à l’amiable avec le Conseil à la fin de l’année 2019.

À ce jour, les producteurs considèrent qu’ils ne sont toujours pas rémunérés à leur juste valeur. « Avec notre baisse de production de 15 % [pendant la crise] et ces baisses de prix-là [avec la grille], je vais vous dire qu’à la ferme, c’est assez difficile. Il faudrait essayer de remédier à ça au plus vite », a plaidé le producteur Martin Bélanger, de Saint-Esprit dans Lanaudière.

En fait, les EVQ déplorent d’être sous-payés par les transformateurs, surtout en comparant leur situation avec celle de l’Ontario. D’abord, il y a une quinzaine d’usines d’abattage dans cette province, versus deux grands joueurs au Québec – Olymel et Exceldor –, ce qui rend difficile la négociation d’affaires, estime M. Leblanc. De plus, ces entreprises donnaient certains bonus en fonction de la qualité des bêtes, ce qu’elles ne font plus maintenant. Enfin, les producteurs québécois débourseraient de 30 à 40 $ la tonne de plus que leurs voisins ontariens pour la moulée.

Aux EVQ, on n’exclut pas de retourner devant la Régie avec un dossier « béton », mais le dialogue avec les transformateurs demeure la solution privilégiée. « Le modèle de la gestion de l’offre fonctionne bien, mais il y a des compromis à faire avec les transformateurs à court et moyen terme. Il faut réussir à trouver l’équilibre et que ce ne soit pas juste au bénéfice d’un seul secteur de notre industrie », conclut M. Leblanc.

LE CQTV n’a pas souhaité commenter l’affaire. Il s’est limité à dire que la décision de la Régie était « d’assurer l’équité entre les producteurs et accorder un profit égal à tous, peu importe la catégorie de poids produite ».