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Un veau au parc collectif boit à l'aide d'une sucette d'abreuvement. Photo : Myriam Laplante El Haïli/Archives TCN

Un veau au parc collectif boit à l'aide d'une sucette d'abreuvement. Photo : Myriam Laplante El Haïli/Archives TCN

L'eau : aliment de choix en production de veaux

Offrir à ses animaux une eau de qualité permet de réduire les risques de problèmes de santé et d’améliorer les performances animales. En l’absence de flore ruminale, les veaux sont plus sensibles à tout ce qu’ils ingèrent. Ainsi, il faut s’assurer de fournir de l’eau en quantité, mais aussi d’en vérifier la qualité.

Établir un diagnostic

Faire une analyse physico-chimique permet d’obtenir un portrait de l’eau. C’est le point de départ pour établir un diagnostic. Certains paramètres de base sont de bons indicateurs de la qualité de l’eau, notamment le pH, la dureté, la conductivité ou le taux de solides dissous, la teneur en différents minéraux : fer, manganèse, sulfate, nitrates et nitrites, etc. Il faut ensuite interpréter l’analyse. Certains paramètres comme la dureté ou la teneur en fer ou nitrates/nitrites sont encadrés par des normes, tandis que d’autres nécessitent des connaissances plus poussées en chimie de l’eau. En plus de ces paramètres, il faut s’assurer que la source d’approvisionnement ne soit pas contaminée par des bactéries comme E. coli, les coliformes fécaux et totaux, les streptocoques fécaux, etc. Ici, les normes sont bien connues et la présence de bactéries dans l’eau n’est pas ou peu tolérée.

De plus en plus, les programmes de salubrité des aliments à la ferme comportent certaines exigences relatives à la qualité de l’eau. Pour le Veau de grain du Québec certifié (VGQC), on exige l’échantillonnage et l’analyse annuelle de certains paramètres (voir le tableau ci-contre).

Maintenir la qualité de l’eau

Si l’eau répond à toutes les exigences à l’entrée, on observe souvent une contamination simplement lors de sa circulation dans les canalisations. La formation naturelle de biofilm (voir l’encadré) contribue à cette contamination. Ainsi, pour maintenir la qualité de l’eau, il faut dans un premier temps nettoyer et désinfecter le système de distribution. Ensuite, l’assainissement en continu de l’eau permet de maintenir sa qualité et de prévenir la formation de biofilm. Différentes méthodes d’assainissement sont possibles en fonction des paramètres de l’eau comme l’injection de chlore ou de peroxyde d’hydrogène.

Une bonne gestion de l’eau sera bénéfique pour la santé et les performances animales. Cependant, pour choisir la solution adaptée, il est nécessaire d’établir un bon diagnostic. Avant d’opter pour un traitement de l’eau, assurez-vous de bien comprendre le problème.

Lutter contre le biofilm

À l’intérieur des conduites d’eau, des microorganismes vont adhérer aux parois des canalisations. Ils forment alors une matrice où s’accumulent naturellement des microorganismes. Le biofilm devient un endroit favorable à la multiplication des bactéries. Avec le débit naturel de l’eau dans les canalisations, des portions de biofilm se décrochent et contaminent l’eau d’abreuvement. La quantité de biofilm varie en fonction de la présence de bactéries, de la concentration en éléments nutritifs (dureté de l’eau et minéraux), de la nature des matériaux, etc.

Pour plus d’information, il est possible de visionner le webinaire de Martine Giguère intitulé Une eau de qualité pour mieux performer sur la page YouTube des Producteurs de bovins du Québec. https://bit.ly/3sF0A7R

Martine Giguère, agr., MBA / Agro-Bio Contrôle inc.


Ce texte a été publié dans l’édition de mai 2021 du cahier BOVINS DU QUÉBEC