fbpx
L’éleveur de veaux de lait Marcel Savoie déplore le fait d’avoir subi des répercussions liées à la pandémie sans avoir droit à des compensations. Photo : Gracieuseté de Marcel Savoie

L’éleveur de veaux de lait Marcel Savoie déplore le fait d’avoir subi des répercussions liées à la pandémie sans avoir droit à des compensations. Photo : Gracieuseté de Marcel Savoie

Le veau exclu des compensations

Un éleveur de veaux déplore ne pas être inclus dans la nouvelle Initiative Canada-Québec du programme Agri-relance annoncé le 15 avril par les ministres fédéral et provincial de l’Agriculture, qui vise à compenser les éleveurs de bouvillons d’abattage, de porcs et de grands gibiers pour les contrecoups qu’a entraîné la pandémie et la fermeture d’abattoirs.

« On vit les mêmes problématiques, au même moment, pour les mêmes raisons, mais on n’a pas droit au programme », dénonce Marcel Savoie, producteur de porcs et de veaux pour Aliments Prolacto, à Villeroy dans le Centre-du-Québec. Il précise que le veau de lait est un produit de niche principalement vendu dans les restaurants et lors de banquets. Ce marché a été freiné par la pandémie et les éleveurs ont dû réduire leur cheptel. Les hôtels, restaurants et institutions représentent 60 % des acheteurs pour ce type de viande au Québec. Cette fermeture de marché a notamment fait chuter le prix pour la viande de veau. En novembre, certains éleveurs avaient d’ailleurs confié à La Terre qu’ils songeaient à quitter la profession en raison de ces difficultés.

Les Producteurs de bovins du Québec ont préféré ne pas commenter le dossier pour le moment, indiquant que « les modalités ne sont pas encore toutes connues ». La Financière agricole du Québec, chargée d’administrer le programme, a toutefois confirmé que les éleveurs de veaux de lait et ceux de grain n’étaient pas admissibles à la compensation. 

Le programme a été conçu conjointement par le ministère d’Agriculture et d’Agroalimentaire Canada et de celui d’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. C’est le ministère québécois qui a soumis les élevages admissibles sous « la prémisse d’un ralentissement ou d’un arrêt des usines d’abattage ». Le relationniste Yohan Dallaire Boily mentionne que pour le veau, cette contrainte n’a pas été observée. « Les veaux ont été abattus et la viande a été vendue en épicerie ou entreposée sous congélation », indique-t-il.