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La prime d’ASRA réduite de 5,64 $ dans le porc

La prime à payer par les producteurs de porcs afin de profiter de l’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) sera réduite de 5,64 $.

Cette réduction permettra d’absorber en grande partie le choc créé par la révision du modèle des coûts de production. La Terre révélait en primeur la semaine dernière que ces coûts pourraient enregistrer une diminution importante de 17 $, surtout en raison des gains significatifs réalisés dans les maternités.

La Financière agricole et les Éleveurs de porcs du Québec ont pourtant convenu de ne dévoiler qu’en janvier prochain le nouveau modèle des coûts de production. Ceux-ci ont officiellement été entérinés par les membres du conseil d’administration de la Financière à leur réunion de mercredi dernier, 18 décembre. Parce que les négociations demeurent à finaliser, fait-on valoir, les chiffres qui serviront à déterminer les compensations d’ASRA au cours des cinq prochaines années ne seront précisés qu’en janvier.

« Il y a beaucoup de différences entre la ferme type de 2012 et les chiffres en 2014 », a tenté de justifier Louis-Pierre Ducharme, porte-parole de la Financière. Il reconnaît que « le revenu stabilisé va être modifié ».

Du côté des Éleveurs de porcs du Québec, le président, David Boissonneault, indique qu’il vise à instaurer un « environnement stable », afin d’assurer une transition harmonieuse entre les deux modèles de coûts de production.

« L’objectif, déclare-t-il sans confirmer les chiffres obtenus par la Terre au sujet de la réduction de prime, c’est d’amener de la sécurité dans le secteur. On a vécu des années difficiles. Le coût de production, c’est un élément incontournable. On n’a pas le choix. »

Rappelons que ces coûts de production ont été établis à la suite d’une enquête conduite auprès de 79 fermes spécialisées par le Centre d’études sur les coûts de production en agriculture. Le Centre a remis son rapport le 15 novembre.

Selon les données sommaires publiées par le Centre, le coût de production atteint la somme de 229 $ en 2012, versus des charges totales de 250,50 $ par porc. Lors de la dernière enquête en 2007, le coût de production par porc se situait à 179,77 $, comparativement à des charges totales de 197,73 $.

Sans infirmer l’ampleur de la baisse de 17 $ dévoilée par la Terre dans sa dernière édition, David Boissonneault certifie que « ce n’est pas l’écart qu’on va observer en 2014 ». En ce qui concerne le niveau de prime, la baisse de 5,64 $ devrait exercer un impact sur la compensation nette d’environ 2 $/porc pour un finisseur et de 4 $ pour un naisseur-finisseur. Pour une ferme modèle de 5 000 porcs avec un chiffre d’affaires de 1 M$, cet impact serait limité à un peu plus de 20 000 $.

Encore faut-il que les producteurs aient effectivement recours à l’ASRA. En raison de la progression des prix associée à une réduction des coûts en alimentation, la conjoncture apparaît très favorable. Ces excellentes perspectives laissent présager que l’ASRA n’aura donc pas à intervenir et qu’aucune compensation n’aura à être versée en 2014.

« Ça reste des prévisions, souligne David Boissonneault. Si c’est bien le cas, les risques sont très minimes. Ça donnerait l’effet levier que nos systèmes de gestion de risque doivent faire, de sécuriser un secteur pour qu’il puisse réinvestir, se consolider. Il faut saisir cette opportunité-là et remettre nos infrastructures à niveau. Il reste du travail à faire et il ne faut pas s’asseoir sur ces belles perspectives. Une flambée du prix des grains est toujours possible et on ne peut l’écarter de l’analyse de risques. Il faut que la Financière annonce des mesures pour baliser ça. »