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Jacques Faucher

Jacques Faucher

La plus grande porcherie au monde intrigue les chercheurs d’ici

Le directeur général du Centre de développement du porc du Québec, Jacques Faucher, suit d’un œil intrigué l’ouverture de la plus grosse ferme porcine au monde, construite par l’entreprise Muyuan Foods, près de Nanyang, en Chine.

Les opérations ont été lancées en septembre dans l’un des 21 bâtiments étagés prévus sur le site, qui hébergera 84 000 truies pour une production d’environ 2,1 millions de porcs par an, selon des informations rapportées par l’agence de presse Reuters.

Le spécialiste avoue qu’il est pour l’instant difficile d’avoir un avis professionnel sur cette ferme, puisque peu d’informations circulent à ce sujet. « Mais comme centre de recherche, c’est certain qu’on se pose plusieurs questions », admet-il.

Parmi les principales : la gestion du lisier et la biosécurité. « Avec des bâtiments de cette ampleur, qui n’ont pas commune mesure avec ce qui se fait ici, je ne sais pas comment ils parviendront à contenir des maladies comme la diarrhée épidémique porcine, la peste porcine africaine (PPA) et le syndrome dysgénésique et respiratoire porcin », s’interroge-t-il, soulevant du coup le problème du va-et-vient des nombreux employés qui devront y travailler. « Je trouve que leur stratégie est illogique, alors qu’ils viennent d’être touchés par une épidémie de PPA. »

Si ce genre de modèle est à mille lieues de celui des élevages d’ici, plutôt orientés sur la biosécurité, le bien-être animal et le respect de plusieurs règles environnementales, M. Faucher reconnaît que certaines technologies pourraient toutefois un jour les inspirer, comme le mode de traitement du lisier.

Du côté des Éleveurs de porcs du Québec, on ne s’inquiète pas trop de ce genre de mégainstallation, qui n’entre pas en compétition avec le porc québécois, croit le président David Duval. « Notre force, c’est de produire un porc de qualité en réduisant les antibiotiques et en répondant aux normes de bien-être animal et environnementales, ce qui sécurise les acheteurs, explique-t-il. C’est pourquoi on a par exemple pu développer un marché comme le Japon, contrairement aux États-Unis, qui vendent pourtant à prix moindre, mais sans offrir la qualité et le choix de découpes que nous pouvons offrir. »

À titre comparatif, les plus grandes maternités porcines du Québec comptent en moyenne 2 600 truies.