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D’ici 10 ans, 50 % de la production ovine sera consommée entre Noël et les Pâques juive, orthodoxes et catholiques. Photo : Archives/TCN

D’ici 10 ans, 50 % de la production ovine sera consommée entre Noël et les Pâques juive, orthodoxes et catholiques. Photo : Archives/TCN

La mise en marché des ovins doit être remodelée

VICTORIAVILLE — Dans quelques années, la fête musulmane de l’Aïd al-Adha tombera durant l’une des périodes de forte demande pour les producteurs ovins, soit entre Noël et les Pâques juive, orthodoxes et catholiques.

Pierre Lessard. Photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Pierre Lessard. Photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

« Cinquante pour cent de la production sera consommée sur une période de trois mois, ce qui créera un grand ralentissement de la demande pour le reste de l’année », explique le président des Éleveurs d’ovins du Québec, Pierre Lessard. En assemblée générale annuelle (AGA) le 22 novembre, les délégués ont adopté une résolution visant à revoir le fonctionnement de l’agence de vente pour mieux orchestrer la commercialisation de l’agneau lourd du Québec en prévision de cette période.

Selon Pierre Lessard, la production ovine est rendue à un tournant important. « La façon de faire notre mise en marché a fait un excellent travail dans les 12 dernières années. Maintenant, on est la seule production animale qui subit un impact aussi important avec les fêtes religieuses. On doit absolument remodeler notre façon de faire pour assurer la continuité de la mise en marché de l’agneau lourd », a-t-il souligné.

Des producteurs à responsabiliser

Les problèmes de l’agence de vente des agneaux lourds sont nombreux. Par exemple, si le prix de l’agneau léger devient plus attrayant que celui de l’agneau lourd, un producteur ne se voit infliger actuellement aucune pénalité de l’agence de vente s’il décide de rompre son contrat d’approvisionnement en agneaux lourds. Or, pour pouvoir convaincre les transformateurs de développer l’industrie ovine, il faut être en mesure de leur assurer un approvisionnement régulier. C’est ce qu’a soulevé Gilbert Lavoie, l’analyste de Forest Lavoie Conseil, en présentant aux délégués une étude sur l’optimisation de la mise en marché des trois catégories d’agneaux au Québec. « Le message de Gilbert Lavoie, c’est que les producteurs à contrats vont devoir se responsabiliser », résume Pierre Lessard.

Les changements à l’agence de vente seront présentés aux éleveurs pour approbation lors d’une assemblée générale spéciale en 2020.

Exposants et conférences

Pour la première fois cette année, trois conférenciers et une dizaine d’exposants ont été invités à l’AGA dans le but d’attirer les gens de l’industrie et des producteurs non spécialisés dans l’agneau lourd. La nouvelle formule a semblé plaire et sera assurément répétée dans les prochaines années. 

Nouvelle direction générale

Après avoir vu quatre directeurs généraux se succéder en trois ans, les Éleveurs d’ovins du Québec viennent de trouver leur nouvelle directrice générale. Marie-Ève Tremblay entrera en fonction à compter de janvier 2020. Elle a déjà été chargée de projet aux ovins avant de s’occuper de la mise en marché aux Éleveurs de porcs du Québec, puis d’assurer la direction générale des Éleveurs de volailles du Québec. « On [a] une personne qui a un bagage presque parfait pour nous accompagner dans nos défis », a souligné le président des Éleveurs d’ovins du Québec, Pierre Lessard.